Little Havana & Miami Sud, Floride

Little Havana

L’impact et l’importance de la communauté cubaine à Miami est incommensurable. C’est de loin la plus importante communauté ethnique de la ville et son histoire est sensiblement différente des traditionnelles populations immigrées. Si habituellement les immigrants (hispaniques ou autres) troquent une forme de pauvreté contre une autre (parfois plus rude) en venant aux USA, les premiers cubains de Miami dans les années 1950’ avaient pour leur part déjà de bonnes situations dans leur pays d’origine. Beaucoup étaient docteurs, avocats ou hommes d’affaires. Chassés par Castro ils se sont installés en Floride et ont rapidement repris les mêmes activités, avec pour beaucoup une réussite plus importante et plus rapide. Certain jouent aujourd’hui un rôle majeur dans le pouvoir politique ou économique de la ville.

A leur arrivée, les cubains se sont installés dans un petit quartier à quelques kilomètres à l’ouest de Downtown Miami qui est aujourd’hui connu sous le nom de Little Havana (soit la Petite Havane). Selon les brochures de l’office du tourisme, Little Havana est un petit concentré de Cuba à la sauce américaine (comprenez Disneyland) où de vieux cubains fument le cigare en jouant aux dominos et où des restaurants sans prétentions servent des plats colorés dans une ambiance salsa.

Evidemment la réalité ne dépasse pas la fiction et si Little Havana est un vrai quartier cubain (et un vrai quartier intéressant) ses rues ne sont pas très animées et il y plane les vieux démons de Miami (surtout la nuit où il faut rester vigilant). Le mieux est de venir pour déjeuner dans un restaurant de South West 8th Street, plus connue sous le nom de Calle Ocho, la rue principale du quartier, puis de parcourir les boutiques.

Le restaurant le plus célèbre de Little Havana est le Versailles, situé sur la Calle Ocho. Même s’il ne paye pas de mine, c’est presque une légende à Miami. L’anglais y est très peu parlé mais l’ambiance y est très accueillante et les prix des plats cubains très bon marchés. Quelques sites disséminés dans le quartier, tel le Brigade 2506 Memorial (entre la 12e et la 13e Avenue mais inutile de faire un détour pour ça), racontent et soulignent l’histoire de la communauté cubano-américaine de Miami.

Coral Gables

Situé au sud-ouest de Little Havana, Coral Gables est l’un des quartiers les plus marquants de l’agglomération de Miami. Il vaut vraiment le déplacement. La tendance actuelle veut que chaque quartier qui compose la métropole affirme sa propre personnalité et aucun ne le fait avec autant de réussite que Coral Gables. Ce petit carré composé de larges boulevards, de rues arborées et de bâtiments à l’architecture méditerranéenne, forme un théâtre idéal et raffiné pour une population chic et branchée.

Le créateur de Coral Gable (dans les années 1920), un certain George Merrick (qui était également le responsable des services postaux de Miami), voyait son quartier comme une banlieue idéales, un mélange fantaisiste de plaza espagnoles, de fontaines et de constructions élégantes. Malheureusement pour notre bon George, une baisse de l’activité immobilière en Floride a rapidement eu raison de son investissement. A sa mort en 1942 il était ruiné.

Toutefois Coral Gables, déjà bien avancé, n’a jamais perdu de son esthétique et reste aujourd’hui un lieu particulièrement attrayant. Mr Merrick serait d’ailleurs ravi de voir que le quartier est un secteur très recherché pour y habiter. Un brin mégalo tout de même (enfin ça ne vous avait probablement pas échappé venant de quelqu’un qui a en tête de construire une ville), Merrick voulait que tout le monde sache à quel point Coral Gables était un endroit spécial. Il avait donc prévu la construction de huit entrées sous la forme d’arches dans le quartier, sur les principales routes. Il n’y en a eu que quatre de construite. Trois se trouve sur l’ouest de 8th Avenue (Calle Ocho) quand on arrive de Little Havana.

Alors oui, George Merrick est peut-être un parfait inconnu pour tout le monde, mais pas à Coral Gables, où il est un peu considéré comme une sorte de gourou (sans rire). D’ailleurs bon nombre d’attractions du quartier (pour ne pas dire toute en dehors du shopping) lui sont en partie (ou totalement) liées. On trouve par exemple la maison d’enfance de Merrick (Merrick House, sur Coral Way) qu’il est possible de visiter via un tour guidé. En 1899, alors que Gerogio n’a que 12 ans, sa famille immigre ici depuis la Nouvelle-Angleterre (un bon bout de chemin pour l’époque) pour s’occuper d’une vaste ferme. La famille s’installe dans une petite maison en bois mais l’exploitation de la ferme est une réussite et rapidement ils se font construire un belle demeure où l’on trouve notamment des pierres de corail (coral rock) et des fenêtres à pignons (gabled windows). L’inspiration pour le nom de la ville viendra plus tard de ces décorations. Le nom traduit signifie d’ailleurs “coraux à pignons”, ce qui ne signifie donc pas grand chose (mais vous êtes ravis de le savoir).

La rue principale de Coral Gables est aujourd’hui SW 22nd Street, beaucoup plus connue sous le nom de Miracle Mile (rien que ça). Miracle Mile n’est pas vraiment aussi miraculeux que son nom veut bien le laisser croire. Jusqu’à récemment il s’agissait surtout d’un alignement de boutiques vieillottes. La rénovation de la rue y a attiré de nouvelles boutiques et des marques plus jeunes. On y trouve maintenant bon nombre de boutique de robes de mariés (un véritable marché de niche dans le coin) et surtout pas mal de bars et de restaurants. Ne manquez pas non plus le cinéma à l’ancienne. Avec un nom pareil on pourrait s’attendre à ce que Miracle Mile soit un peu le Rodeo Drive de Miami (Rodeo Drive étant la rue des boutiques de luxe à Beverly Hills). Ce n’était pas le cas, jusqu’à l’ouverture au début des années 2000 du Village at Merrick Park (pas loin de Miracle Mile sur San Lorenzo Avenue), un grand mall à l’architecture coloniale et plein de palmiers, de fontaines et de fleurs, et surtout de boutiques de marques (chères pour la plupart).

Au delà du Miracle Mile, les deux vraies attractions principales de Coral Gables sont la Venetian Pool et le Biltmore Hotel.

La Venetian Pool (ou piscine vénitienne, 2701 De Soto Boulevard) fût ouverte en 1924. Après avoir construit sa ville, Merrick a choisi de refermer la carrière qui lui avait fourni ses matériaux de construction et d’en faire (assez illogiquement) une piscine. Le résultat est une villa entourée d’une piscine, de grottes, de cascades, de fontaines et de fleurs. C’est une franche réussite. Il faut noter que la piscine est toujours aujourd’hui une piscine publique ! Et oui le must dans tout ça c’est qu’il est possible de s’y baigner. C’est autrement plus classe que la classique piscine municipale.

Dans un genre différent, le Biltmore Hotel est incontestablement le chef d’oeuvre de George Merrick. Situé sur Anastasia Avenue, au sud de De Soto Boulevard, le fabuleux Biltmore Hotel est une belle tour de 26 étages visible d’à peu près partout dans Coral Gables. Comme c’est indiqué dans le nom, le Biltmore Hotel est… un hôtel, mais vous imaginez bien qu’il ne s’agit pas là du petit motel du coin. Tout dans le Biltmore Hotel est dans la démesure. Les plafonds, les fresques, les cheminées (à Miami ?), la piscine, tout est immense. Même les prix. La chambre la moins chère des moins chères coûte au minimum 200$. Toutefois il est possible de prendre un verre au bar (ou un afternoon tea) pour beaucoup moins que ça. On peut aussi visiter l’hôtel gratuitement en suivant un tour guidé tout les dimanche à 13h30, 14h30 et 15h30. C’est à faire.

Coconut Grove

Le sud de l’agglomération est avant tout une immense banlieue résidentielle. Coconut Grove, outre un nom archi-exotique, est la ville la plus intéressante. Ce quartier assez chic possède de nombreux restaurants et des boutiques. Il est surtout fréquenté pour son mall en plein air, le Coconut Walk.

L’attraction principale de Coconut Grove est la Villa Vizcaya (3251 South Miami Avenue), qui est même un des sites majeurs de tout Miami. La villa est l’idée d’un certain James Deering qui a fait fortune dans les machines agricoles au début des années 1900. En 1914 il entreprend de se construire un véritable palais inspiration italienne au beau milieu d’une jungle tropicale. En deux ans la Villa Vizcaya voit le jour.

Là où la chose devient carrément excentrique c’est que Deering voulait absolument que sa villa contienne l’ensemble de sa collection d’art très éclectique et surtout qu’elle ai eu l’air d’être restaurée après avoir été inhabitée pendant quatre siècles (véridique). Les jardins sont donc exubérants (imaginez, après 400 ans la jungle à eu le temps de pousser) et la maison en elle-même est un mélange de styles assez fantastique. Tour guidé toutes les 20 minutes. Une bonne façon de constater que la vente de moissonneuses-batteuses peut rapporter gros mais n’empêche pas d’avoir des idées loufoques !

Key Biscayne

Key Biscayne est le premier (ou le dernier selon le point de vue) des Keys de Floride. Les keys sont ces îles et îlots tropicaux qui s’alignent les uns à la suite des autres jusqu’à Key West et qui constituent le véritable commencement de la région Caraïbes. Il est cependant bien différent des autres keys car il fait partie intégrante de l’agglomération de Miami. C’est donc une petite île à environ 5 miles de la côte face à Downtown Miami. La seule façon d’y accèder est d’emprunter le pont de Rickenbacker Causeway. C’est une route à péage, 1,50$ par passage. Cela nous indique deux choses, à la fois qui peut se permettre de vivre ici, les riches, et qui ne sont pas les bienvenus, les pauvres !

Pour le touriste lambda que je suis, loin d’être riche sans être pauvre, Key Biscayne est surtout une banlieue chic en pleine mer, ou s’alignent les villas de luxe avec pontons privés (le bateau permet d’éviter de payer le péage !). Le principal attrait de Key Biscayne pour le commun des mortels ce sont les plages. Crandon Park Beach est l’une des plus belles plages de la ville. Si elle est moins impressionnante que celle de South Beach, l’eau y est en revanche plus claire. Un banc de sable permet d’aller assez loin du rivage.

Le summum en matière de nature reste le Bill Baggs Cape Florida State Recreation Area, qui en plus d’un nom à rallonge, possède aussi une superbe plage à rallonge, des balades dans les dunes et un phare datant de 1820, le Cape Florida lighthouse, en haut duquel il est possible de monter gratuitement pour avoir une super vue sur l’île et sur Downtown.

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