Independence National Historic Park • Philadelphie, Pennsylvanie

Parc de l'Independance, Philadelphie

Situer ce lieu sur une carte

Toute visite de Philly se doit de commencer par l’Independence National Historic Park ou INHP (son petit surnom nul mais que je vais employer à tort et à travers dans les prochaines lignes). C’est indubitablement le recoin le plus historique de l’Amérique et l’attraction principale de la ville. En réalité ce Park n’est pas un coin de nature mais plutôt un genre de quartier-musée qui comprend les premiers bâtiments officiels des États-Unis lorsque ceux-ci ont pris leur indépendance, d’où le nom… Dans l’absolu tout ceci n’est pas très grand et couvre environ quatre blocs contenus entre Walnut street et Arch street, à quelques pas de la Delaware River. Cependant, la visite de l’INHP prend du temps et particulièrement pour les amateurs d’histoire. Comme les américains possèdent des talents incommensurables en marketing, vous vous découvrirez très rapidement une véritable passion pour la moindre relique sans importance. Surtout, ne sous-estimez pas l’intérêt que suscite l’INHP. Comptez donc au moins une demi-journée de visite au pas de course, beaucoup plus en visitant tous les monuments et en déchiffrant chaque petite ou grande histoire (et il y en a un bon paquet).

Pour l’aspect pratique notons de plus que tous les monuments et musées de l’INHP sont ouverts tous les jours de l’année (généralement de 9h à 17h) et que tout est gratuit. Évidement il y a toujours du monde (et le plus souvent une foule digne du métro à l’heure de pointe). Pas d’autres choix que de prendre son mal en patience. Bien entendu toute une panoplie de tours guidés est proposée par l’office du tourisme. Ce dernier, l’Independence Visitor Center, est par ailleurs une étape logique avant toute visite du parc.

D’un point de vue esthétique l’INHP se caractérise dès le premier coup d’œil par une unité architecturale très marquée notamment par le concept de symétrie et par la brique rouge. Ce sont les bases des styles Georgien et Fédéraliste (instant culture générale plutôt facile à replacer en société). La base de ces bases, si l’on peut dire, c’est l’Independence Hall, qui est l’édifice le plus important du site. C’est le monument où il faut se rendre le plus tôt possible dans la journée avant qu’il ne soit assaillit par les visiteurs et les groupes (c’est en quelques sortes l’équivalent américain de la sortie scolaire au Château de Versailles). Pour y accéder en haute saison vous aurez besoin d’un ticket gratuit qui est remis par l’office du tourisme.

Construit en 1732, ce qui est aujourd’hui le Hall de l’Indépendance était à l’origine la Pennsylvania State House. Il ne faut pas être immensément calé en histoire pour deviner l’évènement qui s’y est produit. Après avoir été soigneusement préparée puis signée, et après que la Cloche de la Liberté (Liberty Bell) fut sonnée, c’est ici que la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique fut proclamée à son peuple le 8 juillet 1776. Pour les observateurs c’est effectivement 4 jours après la proclamation de l’indépendance du pays en elle-même, mais il s’agit là de la première lecture publique de la déclaration. L’Independence Hall est un petit bâtiment dans lequel il est possible de voir plusieurs reliques majeures de cet évènement majeur lui aussi, notamment la chaise ornée d’un demi-soleil de George Washington, premier président du pays, dans la salle où la déclaration a été rédigée. Pour être honnête tout ceci n’est pas particulièrement impressionnant en tant que tel (c’est un site assez modeste) mais il faut bien saisir que dans cette petite pièce s’est joué une scène capitale de l’histoire des Hommes. En se proclamant indépendant, Jefferson et consorts, ont scellé et transformé le cours de toute l’histoire du monde tel que nous le connaissons.

Pour en savoir plus sur la Constitution, le papier le plus important de l’Amérique, directement issue de l’indépendance, il faut visiter le National Constitution Center (sur Arch Street, au nord de l’INHP). C’est un musée moderne qui couvre toute l’histoire et les subtilités de ce document qui régit à peu près l’intégralité du quotidien des Etats-Unis.

En visitant l’INHP et d’une façon générale Philadelphie vous entendrez beaucoup parler de Liberty Bell. La Cloche de la Liberté est aux yeux des américains le symbole de leur histoire et de leur liberté justement, bien plus que la Statue du même nom qui en est l’emblème pour le reste du monde. Cette fameuse cloche est une vraie cloche avec une grande fêlure, à côté de laquelle il convient de se faire photographier fièrement. La cloche était celle de l’Independence Hall depuis 1753, sonnant à chaque annonce importante, notamment pour signifier les victoires ou les défaites lors de la guerre. La façon dont Liberty Bell fut fêlée est soumise à diverses hypothèses. Personne n’en est absolument sûr mais il semble que cela ait eu lieu en 1835 lors des funérailles de John Curtis Marshall, le juge principal de la cours suprême. Si l’origine de la fameuse fêlure est assez floue, on sait en revanche avec certitude que la cloche a été sonnée publiquement pour la dernière fois en 1846 à l’occasion de l’anniversaire de Georges Washington. A cette époque la cloche n’est finalement… qu’une cloche. Ce n’est que plus tard au 19e siècle qu’elle devient un symbole pour les abolitionnistes du nord-est notamment pour son inscription prônant la liberté « à travers tous les territoires, pour tous les habitants » (« throughout all the land unto all the inhabitants »). Ils la nomment Liberty Bell à cette occasion. Après la Guerre Civile, bien qu’elle n’ait jamais sonné, la cloche fut utilisée comme un symbole de réconciliation et on lui fit faire un immense voyage en train à travers tout le pays, comme une rock star. Une opération à l’impact retentissant qui a véritablement assis la notoriété de notre petite cloche (pas si petite en fait). De retour dans sa ville natale de Philadelphie, Liberty Bell fut dès lors exposée comme une icône. Elle se trouve aujourd’hui dans un bâtiment du INHP qui lui est entièrement dédié, sécurisé comme une centrale nucléaire, le Liberty Bell Center. Après avoir passé la sécurité on y traverse d’abord une exposition retraçant l’histoire et les péripéties (la fêlure et son voyage en train) de la cloche avant de pouvoir approcher Liberty Bell.

A côté de Independence Hall, au niveau de la 6e rue et de la rue Chestnut se trouve Congress Hall. Le hall du congrès, construit en 1787 à l’origine en tant que Philadelphia County Courthouse (le tribunal local), fut le lieu où les membres du nouveau Congrès des États-Unis ont commencé à siéger et où une bonne partie du système politique américain fut mis en place.

Cela dit avant qu’il n’y ait un congrès officiel, les futurs américains possédaient déjà une forme de gouvernement organisé. Ainsi dès 1774 les membres du First Continental Congress, le prédécesseur du congrès d’aujourd’hui, avaient choisi de se réunir au Carpenter’s Hall, situé sur Chestnut street, qui constitue donc l’ancêtre de la politique américaine. Ce petit bâtiment sans prétentions avait justement été choisi pour cette particularité en lieu et place de la State House beaucoup plus fastueuse. Tout ceci dans le but évidemment de montrer à la couronne britannique que le peuple américain prenait le pouvoir. Le Carpenter’s Hall se visite et accueil un petit musée.

Non loin, toujours sur Chestnut Street mais au niveau de la 3e rue, la First Bank of the United States fut établi en 1797 afin de réguler et de contrôler la nouvelle monnaie du pays. Pour appeler un chat un chat c’est ici que le dollar est né. Le célèbre billet vert américain nous apparaît aujourd’hui comme l’un des piliers des Usa, mais il faut savoir qu’à l’époque de la création de la First Bank le pays possédait de nombreuses monnaies. Par exemple, l’état de Rhode Island, le plus petit état de l’union, devait jongler avec pas moins de 3 devises différentes à cette période. Les nouveaux états (ou anciennes colonies) malgré l’union au sein d’un même pays se considéraient toujours comme des territoires très indépendants d’où la présence de ces diverses monnaies. Un esprit d’indépendance qui n’a d’ailleurs pas beaucoup changé aujourd’hui, sauf pour la monnaie…

Il s’agit là des principaux monuments du parc mais d’autres bâtiments en font partis, quoiqu’ils soient plutôt situés dans Old City (même si la frontière est floue, le parc n’étant finalement que l’ancienne partie administrative de la vieille ville de Philadelphie). Parmi ceux-ci la plupart sont en rapport avec la figure historique la plus célèbre du coin, Benjamin Franklin. Ainsi Franklin Court (sur Market Street) est un hommage à ce grand homme multi-facettes. Il s’agit de l’emplacement exact de la maison de Franklin, qui n’existe plus mais qui est matérialisée par une décoration. Un musée se trouve sur le site, dédié à qui vous savez. De quoi en apprendre plus sur Ben, l’une des personnalités les plus marquantes des Usa, mais dont la plupart des visiteurs étrangers ne connaissent bien souvent que le nom sans trop savoir pourquoi.

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