Canal d’Erie, New York

Erie Canal New York

Situer ce lieu sur une carte

Entre Albany au nord de NYC et Buffalo sur le lac Erie s’étend une très grande région dont l’artère principale est le canal d’Erie et qui est le cœur agricole de l’état de New York. Le canal est à l’origine de la prospérité (et du déclin) d’à peu près toutes les villes locales. C’est bien sûr, vous en doutez déjà, une destination qui ne présente qu’un intérêt touristique très limité. D’ailleurs hormis les incontournables chutes du Niagara (qui sont l’un des sites les plus visités du pays) et la ville voisine de Buffalo (2e agglomération de l’état), toute la partie nord-ouest de l’état de New York est très peu touristique. Les deux grandes villes industrielles de Syracuse et Rochester sont les deux seules étapes logiques lorsque l’on traverse le coin mais il n’y a absolument rien de fantastique, les paysages sont plats ou gris (parfois les deux, bon d’accord toujours les deux) et les villes ont un arrière-goût un peu sinistre (excusez du peu !). En réalité dans la région seule Cooperstown, une petite ville charmante, présente un vrai visage avenant pour le touriste lambda. Cependant ne vous y trompez pas, les américains aiment cette destination essentiellement car c’est le lieu de naissance du « great american pastime » (le grand passe-temps de l’Amérique), le baseball. Oui je sais, difficile de se motiver à faire une longue route pour quelque chose auquel on ne comprend rien.

Cooperstown

Nous y voilà justement. En fait Cooperstown est tout juste à la sortie nord-ouest des montagnes Catskills, ce qui lui confère un cadre différent du reste de la région du canal d’Erie. A 70 miles à l’ouest d’Albany, sur les rives boisées du lac Otsego, Cooperstown est une sympathique petite ville mais qui ne sortirai pas vraiment de l’ordinaire si on n’y avait pas inventé le baseball. Symbole puissant de l’exotisme américain, le baseball est incompris et (il faut le dire) négligé par le reste du monde sauf le Japon, ce qui est un gage de bizarrerie. Toutefois inutile de passer longtemps aux USA pour se rendre compte que la passion pour le baseball des américains est inversement proportionnelle au désintérêt que ce sport suscite dans le reste du monde (sauf encore une fois au Japon). On comprend donc que Cooperstown base sa communication touristique sur le fait que c’est ici que le sport fût inventé. Cette invention fantastique aurait eu lieu sur un terrain vague appelé Doubleday Field. Le National Baseball Hall of Fame commémore cet évènement (un peu) historique. En fait ce musée spacieux présente le sport d’une façon inspirée tant et si bien que même si vous n’y connaissez rien vous pouvez y trouver un intérêt. S’agissant d’un Hall of Fame (un panthéon) vous y trouverez également de nombreuses galeries présentant les grands noms de la discipline. Babe Ruth, considéré comme le meilleur joueur (le Pelé du baseball), possède sa propre exposition. En ressortant du musée vous en saurez plus sur Mr Ruth et sur le baseball dans sa globalité même si vous n’aurez toujours probablement pas compris les règles. Le musée se trouve sur Main Street. En dehors du musée du baseball il n’y a pas grand-chose de plus à dire de Cooperstown. Le Fenimore Art Museum, à la sortie nord de la ville, est un bon musée consacré en partie à l’art des natifs américain (les « indiens »). Vous serez sans doute tout autant attiré par son café que par ses expositions mais si vous êtes dans le coin ça peut être une visite intéressante.

Infos. Évidement le musée national du baseball attire de très nombreux amateurs de ce sport et de ce fait le logement  à Cooperstown est devenu assez cher, d’autant que la ville est attirante en elle-même. Le mieux est de prendre une chambre dans un motel sur les rives du lac Otsego, comme le « Lake ‘N Pines » par exemple. Pas de problèmes pour trouver un restaurant ou un bar dans le centre même si ce n’est pas la profusion non plus (ni la folle animation). La rue principale de la ville est Main Street.

Syracuse

Avant d’arriver aux Finger Lakes, le long de l’autoroute 90, Syracuse est une grande ville qui comme beaucoup de cité de ce type aux USA semble surtout peuplée de voitures, de parkings et de fast-food. Cependant les piétons sont aux abonnés absents. En fait quand on sait où regarder Syracuse est une ville assez vivante car elle compte une population étudiante (on y trouve la Syracuse University) mais le problème majeur bien sûr c’est qu’il est très compliqué de savoir où aller. Le mieux si vous comptez vous y arrêter est de consulter le journal gratuit local, le Syracuse New Times, qui donne les bonnes adresses du moment. Au centre-ville, Armory Square, autour de Franklin et Fayette streets, est le cœur du quartier commerçant. Ce n’est pas Times Square (pas du tout soyons honnête) mais on y trouve des boutiques et des cafés.
Syracuse doit sa prospérité (largement passée quand on voit l’état de certains quartiers) à la production de sel et à sa situation au centre du canal d’Erie. Étape logique entre les Grands Lacs et New York. On peut en apprendre plus à l’Erie Canal Museum qui prend place dans l’une des rares constructions encore debout de l’époque du canal. Le canal d’Erie est l’histoire d’une vraie grande réussite industrielle mais qui en fait est jalonnée de conflits. Pour faire court personne n’a jamais cru en l’intérêt du canal et a peu près tout le monde s’est battu contre. Même si ce fût un parfait succès qui a largement contribué au développement commercial et économique de toute la région nord-est des USA on peut décemment dire qu’au jour d’aujourd’hui tout le monde pense encore que ce n’est qu’une grosse tranchée dans le paysage. Et de ce point de vue ce n’est pas faux. Syracuse possède toute la gamme classique des chaînes de motels et quelques restaurants corrects mais je vais être franc avec vous, à priori vous ne viendrez jamais à Syracuse (ou alors peut-être en Sicile).

Rochester

Autant Syracuse est vraiment une étape peu probable d’un point de vue touristique, autant Rochester peut éventuellement (en cas de grosse tempête qui empêche tout déplacement) être considérée comme un stop possible. Tout comme Syracuse (les deux villes se ressemblent pas mal), Rochester est une grande ville industrielle dont le vide plus ou moins relatif est proportionnellement inverse aux embouteillages et à son gigantesque étalement dans le style banlieues sans fins. Cependant Rochester possède un centre plus marqué que Syracuse et plus accueillant. Downtown est un quartier plutôt présentable avec sa poignée de buildings classiques, ses larges avenues et ses belles demeures. Il faut dire que contrairement à Syracuse avec son sel et son canal qui prend l’eau, l’économie de Rochester se compose de quelques grands noms de l’industrie américaine comme Xerox (les imprimantes) ou encore et surtout Kodak (la photo). Bien que largement affectée par la crise (et c’est assez visible) Rochester conserve donc un socle social et économique plutôt stable. D’un point de vue touristique ce n’est pas Byzance mais on peut y découvrir un site important, le Musée International de la Photographie (International Museum of Photography) situé sur East Avenue dans l’ancienne demeure du fondateur de Kodak, George Eastman. En fait la ville voue un genre de culte à George Eastman et à Kodak. La maison n’est que moyennement intéressante (le jardin l’est beaucoup plus car c’était la grande passion de Eastman) mais le musée est incontestablement un grand moment pour les amateurs. On y découvre une très grande variété de photos historiques (comme des clichés de la guerre civile américaine) ou modernes.
Après avoir visité le musée de la photo vous pourrez vous rendre au Strong Museum qui est beaucoup moins mis en avant mais en réalité surement plus attractif pour beaucoup de monde. Le Strong Museum est une demeure qui fût léguée à la ville en 1969 en tant que musée par un notable du coin, une certaine Margaret Woodburry Strong. C’était une collectionneuse de tout et n’importe quoi mais surtout de tout ce qui avait trait de près ou de loin à la famille américaine et à la culture populaire enfantine américaine. On y trouve par exemple un manège de 1920 ou un authentique dinner de Pennsylvanie des années 1950 démonté puis reconstruit à l’identique. Ce n’est pas tant passionnant par les objets mais plutôt par l’évocation de cette Amérique vintage pleine d’exotisme et d’insouciance.

Infos. On trouve à Rochester tous les motels possibles mais l’hébergement Donwtown n’est pas bon marché. Pour manger vous pouvez tenter de gouter à la spécialité locale qui est le Garbage Plate. Littéralement cela signifie l’assiette poubelle et c’est plutôt représentatif du plat qui est un amalgame de restes (de n’importe quoi) frit dans l’huile. Comme on peut s’y attendre vous ne trouverez ça nul part ailleurs donc c’est l’occasion ou jamais de tester ce grand moment gastronomique.

Autour de Rochester

Il suffit de jeter un rapide coup d’oeil sur une carte (je vous conseille les Rand McNallys ou le bon vieux Google Map) pour se rendre compte que Rochester est à deux ricochets de l’immense lac Ontario, quasiment en face de Toronto au Canada. A moins d’être très pressé (mais ce n’est forcément pas le cas si vous vous êtes arrêté à Rochester) mieux vaut ne pas reprendre l’autoroute I-90 mais plutôt la Lake Ontario State Parkway qui est la prolongation logique de Lake Avenue. Au grand étonnement de tout le monde, à la belle saison, la route est agréable et possède presque des airs de balade en bord de mer. Elle passe le long de plages qui sont parfois tout à fait tentantes. Ontario Beach Park, tout proche de Rochester, est le Hampton local comme le prouve les belles maisons de vacances à proximité. Pour l’anecdote sachez que c’est dans la région que sont produites les célèbres lunettes Ray Ban. Si vous recherchez plus de calme et moins de frime (mettons par exemple que vous n’avez pas de Ray Ban) vous pouvez continuer plus loin jusqu’au Hamlin Beach State Park (entrée payante comme tous les State Park, 7$) avec une plage qui est aussi belle et beaucoup moins fréquentée. En continuant la route on trouve le petit port de Point Breeze, plutôt agréable en été.

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