Salem, Massachusetts

Salem Massachusetts

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Population : 41.340

La petite ville de Salem, à une bonne vingtaine de kilomètres au nord de Boston, est une excursion à la journée très prisée des visiteurs. Il faut dire que la cité est historique et particulière à plus d’un titre. Fondée en 1626 par l’un des groupes de pêcheurs faisant partie des premiers colons américains, Salem doit son nom à l’antique Jérusalem (et à l’hébreu shalom qui signifie « paix »). Les colons voyaient ici le site parfait pour y établir la capitale de leur futur pays.

Salem est donc un site historique majeur dans l’histoire de peuplement de l’Amérique par les Européens, toutefois l’évènement marquant de la ville n’a pas grand-chose à voir avec cela. Il prend place environ soixante ans plus tard en 1692 lors du Procès des Sorcières de Salem, lorsque la rigidité puritaine atteindra son apogée absolu.

Si l’on connait généralement le nom de Salem et l’existence de ces sorcières en Europe, le fond de cette histoire, plutôt horrible, est bien souvent totalement inconnu. Le procès des sorcières de Salem est pourtant l’évènement historique principal de ce que l’on pourrait qualifier de Moyen-Age des USA. Il est emblématique de la paranoïa puritaine de l’époque et surtout de la peur induite par la religion parmi la communauté. Une peur que l’on retrouve encore presque intacte aujourd’hui dans bon nombre de régions américaines.

L’histoire commence dans le village de Danvers (à l’époque appelé Salem Village) durant l’hiver au début de l’année 1692. À ce moment, les deux filles d’un révérend, Betty Parris et Abigail Williams, sont diagnostiquées comme possédées par le diable tandis qu’elles sont victimes d’agissements étranges. Évidemment, tout ceci repose sur des faits très douteux et des explications qui ne le sont pas moins. Le plus étrange des agissements des deux filles aurait été qu’elle s’était mise subitement à parler une langue inconnue. Plus étrange encore, d’autres filles sont rapidement victimes des mêmes agissements. Sous la pression populaire, elles sont rapidement contraintes à parler et à donner les noms des « sorcières » qui les auraient envoutées. Il est à peu près certain que tout ceci était dû à la pression religieuse qui existait à l’époque et probablement à l’ergotisme (une maladie très répandue à cette époque due à la culture du seigle et dont les symptômes se rapprochent de la consommation de LSD). Les noms donnés sont donc ceux des personnes marginales, ou perçues comme telles.

Salem tombe dans l’hystérie générale. La chasse aux sorcières est totale et l’activité de la ville sombre complètement. Durant l’été 1692, 19 des personnes arrêtées pour sorcellerie sont condamnées à mort. De nombreuses personnes s’enfuient vers le sud, d’autres deviennent totalement folles. L’épisode des sorcières de Salem est toujours difficilement explicable aujourd’hui, les historiens n’étant pas tout à fait certains des tenants et aboutissants de l’évènement.

Désormais, il ne reste principalement que deux choses de cette histoire. Tout d’abord le principe de liberté religieuse quasi totale aux USA, qui est l’un des principes fondateurs du pays. Ensuite, la ville de Salem en elle-même (qui est le lieu du procès et non des évènements).

Le fait qu’un évènement aussi glauque soit aujourd’hui à la source d’une industrie touristique florissante, principalement tournée vers les enfants (Salem ne manque pas de magasins de chapeaux de sorcières et de balais volants), est pour le moins discutable. Toutefois, Salem est aussi une belle ville historique et constitue une étape agréable.

Pour ce qui est des sorcières, la ville abonde en attractions dont l’intérêt est très limité et souvent d’un mauvais goût affirmé. De nombreux magasins de souvenirs vendent également toute la parfaite panoplie de sorcière et généralement de toutes les créatures magiques. Seul le Salem Witch Museum est légèrement au-dessus du lot. (Washington Square, ouvert tous les jours, entrée payante). Il traite l’évènement sous un angle moderne en le comparant aux problèmes actuels du racisme et de la ségrégation. Le musée reste tout de même assez kitch et il n’évite pas la surenchère (ce que de toute façon la plupart des visiteurs viennent chercher).

Ce qui est un peu dommage c’est que Salem accueille l’un des meilleurs musées de Nouvelle-Angleterre, mais qu’il est du coup au second plan, derrière les sites liés aux sorcières. Il s’agit du Peabody Essex Museum (Essex Street, ouvert tous les jours, entrée payante). D’un point de vue architectural le musée est une réussite avec ses grands espaces en verrières. C’est l’un des plus anciens musées du pays. Il a été fondé en 1799 par des marins locaux qui s’étaient réunis en une association dont le but était de récolter toutes les curiosités qu’ils trouveraient sur leur route. Et c’est ce qu’ils ont fait, le musée abrite désormais plus de 840.000 œuvres venus de tous les continents. On peut notamment y voir l’une des trois représentations existantes dans le monde du dieu hawaiien Ku, sculptée en bois de l’arbre à pain (ou aïto). Le musée se focalise également sur l’architecture (on pouvait s’en douter). L’une des pièces maîtresses est par exemple une ancienne maison chinoise d’un marchand de la dynastie des Qing, appelée Yin Yu Tang, démontée en Chine puis reconstruite à l’identique sur le site du musée. À ne pas manquer si vous êtes à Salem.

Les attraits de Salem ne s’arrêtent pas là. La ville est aussi, et surtout d’ailleurs, un port historique pour les USA. Ce qu’il reste de la première colonie établie ici sur le front de mer est préservé par le Salem Maritime National Historic Site. Les principaux points d’intérêts sont l’ancienne maison des douanes (customs house), la Derby House, la House of the Seven Gables (connue pour être le cadre d’un roman fantastique de Nathaniel Hawthorne) et une superbe réplique d’un vieux navire. C’est un quartier agréable pour se promener une heure ou deux.

Dans un registre totalement différent, on trouve au sud de Salem sur la Route 1A un diner du nom de Salem Diner (70 Loring Avenue) qui sert des hamburgers dans un décor de cinéma (une vieille caravane typique comme on en voit dans les films). Une bonne étape sur la route entre Salem et Boston.

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