Massachusetts

Massachusetts

Population : 6.547.629 (14e) ; Capitale : Boston ; Surnom : The Bay State ; Superficie : 27.360 km² (44e)

État symbolique de la Nouvelle-Angleterre, qui se considère elle-même comme une région à part au sein de la nation américaine, le Massachusetts (un nom qui vient d’une tribu amérindienne locale, comme toujours) représente l’antithèse absolue d’un état comme l’Arizona (par exemple). Ici, le souvenir de la vieille Europe est encore bien vivant, les autoroutes à 8 voies n’existent pas, les fast-foods n’ont pas vraiment pignon sur rue et la valeur accordée à la connaissance et à la culture est bien supérieure à celle accordée aux strass et aux paillettes. Évidemment c’est encore l’Amérique, mais une Amérique avec un goût historique très prononcé.

Pour les premiers colons de la Massachusetts Bay Company (qui ont été précédé de 9 ans par les premiers colons américains débarqués du navire Mayflower un peu plus au sud), l’arrivée près du site de l’actuelle ville de Salem en 1629 fut un moment clé. Les puritains embarqués pour ce voyage, ayant décidé de quitter l’Angleterre avant qu’elle ne sombre dans la guerre civile, ont vu dans ce lieu l’opportunité unique de créer leur monde utopique, appelé « city upon a hill » (la ville sur la colline, en référence au nom du Massachusetts signifiant « la grande colline ») selon les termes de John Winthrop à la tête de l’expédition et premier gouverneur de la future colonie de la baie du Massachusetts qui deviendra plus tard la métropole de Boston. Le puritanisme désigne un courant religieux autant que politique qui a vu le jour au 14e siècle en Angleterre avant de prendre réellement son essor au 17e siècle en Nouvelle-Angleterre sous l’impulsion de cette petite troupe de colons. La nouvelle colonie, le futur Massachusetts, était destinée à devenir un véritable modèle pour le reste de l’humanité. À la fois un exemple politique et un modèle de principes spirituels. On remarque d’ailleurs que bon nombre d’états du nord-est américains se sont fondés sur des idées très fortes, largement aux portes de l’utopie (notamment religieuse) et sur des principes de liberté absolue. Cela dit quelques siècles plus tard on ne peut que constater que si les idées ont fait leur chemin et que le succès a été au rendez-vous, au moins partiellement, les USA sont tout de même devenus un pays ultra policé et sont loin d’être un havre de liberté totale.

Revenons à notre expédition de la Compagnie de la baie du Massachusetts. Évidemment les puritains n’étaient pas les seuls à participer au voyage et parmi leurs compagnons certains n’avaient pas de motivation aussi grandiose. En réalité pour beaucoup il s’agissait surtout de fuir les difficultés de l’Angleterre et les oppressions en tous genres, en découvrant si possible une terre ou ils pourraient vivre à leur aise en cultivant et en pêchant.

Entre les utopies des uns et les petites parties de pêche des autres, ce sont ces dernières qui ont rapidement pris le dessus. Les puritains n’ont pas eu le succès escompté et dès que les nouvelles du Nouveau Monde sont parvenues en Europe, les dissidents de tous bords se sont empressés de traverser l’Atlantique. Ainsi la Nouvelle-Angleterre puritaine s’est rapidement transformée en société laïque. Si leurs idées religieuses ont fait un genre de flop, leur influence générale en revanche est restée très forte dans la région au cours de son développement. Ainsi on retrouve les grandes motivations puritaines tout au long de l’histoire locale, depuis la création de l’université de Harvard en 1636 jusqu’aux œuvres des grands écrivains comme Melville en passant par les soulèvements contre le pouvoir anglais (la Révolution, guerre d’indépendance) ou contre les esclavagistes du Sud (Guerre de Sécession). C’est pour cela que même si l’idée de base n’a pas été suivie, on continue de considérer l’Amérique comme une grande société puritaine.

Par la suite, d’autres vagues de migrants sont venues s’installer au Massachusetts. Parmi celles-ci, les plus influentes (qui ont façonné l’état d’aujourd’hui) sont sans conteste les migrations italiennes, les esclaves échappés des états du Sud, les marins portugais et, surtout, l’immense communauté irlandaise qui ont fait du Massachusetts une petite Irlande d’Amérique.

La plupart de ces immigrants avaient pour point commun de n’être pas vraiment les bienvenus aux yeux de ceux qui vivaient déjà là. Avec son image sympathique de petit coin tranquille où tout le monde vit en harmonie, le Massachusetts n’a en réalité jamais été réputé pour sa grande ouverture. Au cours du 19e siècle, l’un des grands partis politiques locaux, le « Know-Nothing », était principalement axé sur l’anti-immigration (surtout l’immigration irlandaise). Littéralement, le nom signifie « ne rien savoir », un nom qui vient du fait que le parti était à l’origine une société secrète dont les membres prétendaient justement ne rien savoir. Dans la même veine, croyant atterrir dans un lieu de tolérance totale, deux anarchistes italiens bien connus des années 1920, Sacco et Vanzetti, ont eu la désagréable surprise de découvrir que le cliché n’était pas fondé en étant condamnés pour meurtre puis exécutés.

Beaucoup plus récemment, il ne faut pas oublier que les tensions raciales à Boston, dans les années 1970, n’avaient pas grand-chose à envier à ce que l’on pouvait voir en Alabama. Toutefois en 40 ans le Massachusetts a beaucoup changé, à l’image de l’ensemble du pays, pour redevenir le coin tranquille et typique de l’Amérique qu’il n’avait finalement jamais vraiment été.

La métropole de Boston est évidemment le grand site touristique de l’état, en plus d’être un nœud de communication incontournable et, une fois n’est pas coutume, la capitale de l’état. Boston, c’est tout simplement la côte Est sous son meilleur angle et je vous recommande vivement de découvrir cette ville (excursion facile au départ de New York City par exemple). C’est bien sûr une ville historique, l’une des plus intéressantes et riche (à tout niveau) du pays. C’est aussi une cité moderne, avec son lot de gratte-ciels et d’énergie propre à l’Amérique. Évidemment c’est également le cœur universitaire du pays avec la ville voisine de Cambridge qui abrite la très prestigieuse université de Harvard ou encore le campus du mondialement célèbre MIT (Massachusetts Institute of Technology).

Le Massachusetts est dominé par Boston, mais il ne se limite pas à la grande ville. Plusieurs cités historiques sont facilement accessibles depuis la métropole, dont Salem, célèbre pour ses sorcières autant que pour ses premiers colons, Concord et Lexington ou encore Plymouth au sud de Boston, site de l’arrivée des Pères Fondateurs de l’Amérique. Le long du littoral de l’Atlantique, le Massachusetts possède d’immenses attraits dont le plus connue est la grande presqu’île de Cape Cod. Avec ses villes historiques devenues des stations balnéaires aux décors de cinéma et ses superbes plages, Cape Cod s’est taillé une très solide réputation dans la difficile bataille des vacances à la mer aux USA. La région attire des foules immenses en haute saison, aussi pour s’échapper un peu rien ne vaut un petit séjour dans les îles aussi belles que riches de Martha’s Vineyard ou de Nantucket. L’intérieur des terres en comparaison est moins attractif, à l’exception de quelques petites villes animées comme Amherst ou encore de la région des collines des Berkshires totalement à l’ouest de l’état.

 

Les régions de l’état

Au vu de ses multiples atouts et attraits, de son histoire, de sa richesse naturelle et culturelle, il n’est pas étonnant que le Massachusetts soit devenu une grande destination touristique. Boston et Cape Cod occupent le devant de la scène, mais pour ceux qui ont du temps rien n’empêche d’explorer plus en profondeur cet état relativement petit. On peut diviser l’état en sept grandes régions touristiques :

Boston & Cambridge : Histoire, culture, éducation, architecture, voici les maîtres mots des villes jumelles de Boston et de Cambridge qui constituent le cœur de la métropole de Boston. Haut lieu touristique et historique du pays, l’agglomération est également le principal centre urbain de la Nouvelle-Angleterre, avec tout ce qui en découle, animation, shopping…

Cape Cod & les îles : La péninsule en forme de crochet de Cape Cod est l’une des grandes destinations balnéaires du pays. Il faut dire qu’elle ne manque pas d’atouts avec ses kilomètres de belles plages, son cadre naturel, ses villes historiques, ses hôtels et restaurants haut de gamme ou encore ses bed & breakfast typiques. Au large, les îles de Martha’s Vineyard et de Nantucket sont une variation sur le même thème tout aussi attractif.

South Shore : le littoral sud du Massachusetts (en dehors de Cape Cod) est principalement occupé par les banlieues de Boston qui semblent ne jamais finir (surtout quand on les parcourt à 5 miles à l’heure sur la route embouteillée de Cape Cod). Deux villes historiques méritent un détour sur la route des plages, New Bedford d’une part et surtout Plymouth, lieu de débarquement des 102 premiers colons américains, les célèbres pèlerins arrivés sur le navire Mayflower.

North Shore : fort logiquement s’il y a un South Shore (littoral sud) il y a un North Shore (littoral nord). Comprenez par là qu’il s’agit du sud ou du nord de Boston. Plus riche que le sud (c’est largement visible en roulant depuis Boston au travers de banlieues chics), le littoral nord compte plusieurs sites d’intérêts dont le principal est la ville historique de Salem, resté célèbre avant tout pour son procès de sorcières. Le long de la côte, les étapes les plus intéressantes sont Marblehead, un petit port typique, Rockport, une station balnéaire historique connue pour ses paysages et ses homards, ou encore Gloucester, surnommé le plus ancien port de l’Amérique.

Le Centre du Massachusetts : région la moins visitée (mais pas la moins parcourue) de l’état, Central Mass est une zone relativement pauvre en attraits. La principale étape (qui ne reste bien souvent qu’une petite étape) est la ville de Worcester, deuxième ville de l’état et qui possède la distinction unique d’être la seule grande ville industrielle à ne pas être au bord d’un océan, d’un lac ou d’une rivière. À noter également que l’on peut skier dans la région près de Princeton sur le mont Wachusett.

La vallée des Pionniers : surnom de la vallée de la rivière Connecticut, la vallée des Pionniers marque le début de l’ouest du Massachusetts. C’est une région assez intéressante, notamment pour ses villes étudiantes d’Amherst et Northampton ou encore pour la ville où fut inventé le basketball, Springfield.

Les collines des Berkshires : trois chaînes de petites montagnes regroupées sous une même appellation, les Berkshires sont réputés pour leurs paysages, leur cadre naturel et surtout pour leur richesse. Regardant plus du côté de New York que de Boston, la région des Berkshires est devenue le coin de campagne favori des riches habitants de Manhattan, ce qui a eu pour effet de transformer ce coin rural en un décor cinématographique de campagne américaine. Les petites villes sont chics, artistiques et les maisons sont plus souvent des manoirs victoriens que de simples fermettes.

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