New Bedford, Massachusetts

New Bedford Massachusetts

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Population : 95.200

Près de Plymouth, New Bedford est un ancien port de pêche à la baleine qui fut pendant un temps le plus grand du monde. C’est toujours l’un des grands ports de pêche du pays même si bien évidemment les cétacés n’y sont plus au programme. Pourtant ce sont bel et bien les baleines qui amènent quelques visiteurs à New Bedford, principalement car la ville sert de décor de base à l’œuvre d’Herman Melville, Moby Dick. Cela dit curieusement ceci n’est pas du tout exploité par la ville (en dehors de la chapelle de Seamen’s Bethel).

Dans le quartier historique qui englobe le front de mer et une bonne partie de downtown se trouve le New Bedford Whaling Museum. C’est très certainement l’un des meilleurs du genre dans le monde. On peut y voir un squelette très impressionnant de baleine bleue (le plus gros animal n’ayant jamais vécu sur terre, oubliez les dinosaures !), une reproduction d’un navire baleinier et tout ce qui a de près ou de loin un rapport avec les baleines et leur pêche.

Face au musée, la Seamen’s Bethel est une chapelle qui, historiquement, est l’église des pêcheurs (et particulièrement des pêcheurs de baleines en leur temps). Toutefois, la chapelle décrite par Melville dans Moby Dick n’était pas tout à fait la même que celle qui existait réellement à New Bedford. Peu importe, la chapelle fut modifiée pour coller à la description du livre et on y trouve donc un pupitre en forme de proue de bateau… qui est une invention de Melville.

Plymouth, Massachusetts

Plymouth Massachusetts

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Population : 56.470

À quarante miles (60 km) au sud de Boston, après être sorti difficilement des banlieues de la ville, on arrive à Plymouth, une petite ville surnommée avec beaucoup de nostalgie « America’s Hometown » (le village de l’Amérique). Toutes les villes américaines aiment se donner des surnoms (si possible très pompeux et contenant le plus souvent les mots america, best et world). Pour une fois, ce n’est pas forcément usurpé. Plymouth est effectivement, en un sens, le lieu de naissance de l’Amérique telle que nous la connaissons aujourd’hui. La ville (qui n’est en définitive plus du tout un village) est toute entière vouée à la commémoration de l’arrivée en décembre 1620 des 102 premiers colons venus d’Europe, les fameux Pères Pèlerins.

La visite de Plymouth est donc totalement tournée vers les sites historiques en lien avec ces derniers. Comme lesdits sites qui existent toujours sont au mieux insignifiants, la quasi-totalité des attractions de Plymouth sont des reproductions parfois sans véritables fondements historiques. Il n’empêche, Plymouth est une destination majeure dans la région et une étape très agréable (même si vous allez voir que parfois il y a de quoi en rire).

Près de la mer, un temple très solennel d’inspiration grecque (sic) abrite un petit rocher qui serait à l’emplacement où les pèlerins auraient débarqué pour la première fois sur le sol américain. Soyons honnête, et vous le savez j’aime l’honnêteté autant que j’aime l’Amérique, tout ceci est d’un kitch absolu et flirte allégrement avec les frontières du risible. Le rocher en question est une petite pierre qui si elle n’était pas signalée vous servirait surement à monter dessus pour regarder le paysage. Sur la pierre a été gravée l’année 1620, inscription qui donne la sensation d’avoir été marquée quatre jours avant votre passage. Enfin, on sait que le site a été aménagé en 1741 et que les pèlerins ont passé environ deux mois à Cape Cod avant de venir à Plymouth (ce qui soulève effectivement la question suivante : pourquoi ne considère-t-on pas Cape Cod comme le véritable premier site des colons ? Mystères des USA !). Évidemment, vous comprendrez que le rocher des pèlerins a surtout une valeur symbolique. Aux USA, l’Histoire est souvent une affaire d’émotion et d’héroïsme plus que d’exactitude et nulle part vous ne vous en rendrez mieux compte que dans l’état du Massachusetts.

Deux autres sites racontent la vie des pèlerins et l’épisode historique de leur installation dans le Nouveau Monde. Pour information, aucun des deux sites ne prétend être ni authentique ni historiquement réaliste (eh bien, au moins vous êtes prévenu, de quoi on se plaint).

La réplique du célèbre navire des pèlerins, le Mayflower (la copie s’appelle le Mayflower 2), et la Plimoth Plantation (le nom originel de la ville était Plimoth) à quelques kilomètres au sud de la ville, sont animés par des acteurs en costumes. Chacun joue un rôle défini, un colon, un marin ou un Amérindien. En tant que visiteur vous êtes plus ou moins obligé de prétendre que vous êtes revenu au 17e siècle pour ne pas passer pour un Européen ronchon (car les Américains eux sont totalement dans le rôle). Pas besoin de beaucoup se forcer cela dit, car sous un verni un peu kitch (encore une fois), la plongée dans l’histoire (même trafiquée) est en réalité très bien rendue et le niveau de détails du navire et de la plantation est superbe. Les acteurs jouent le jeu à fond et les deux sites méritent largement la visite (de toute façon, il n’y a rien d’autre à faire à Plymouth !). À noter qu’à la Plantation, l’ensemble des constructions du village des pèlerins et du campement des Amérindiens ont été réalisés en utilisant des techniques traditionnelles, comme à l’époque. C’est à peu près le seul fait historique réaliste.

Côte du North Shore, Massachusetts

North Shore Massachusetts

Le North Shore (la côte au nord de Boston) est dominé par Salem, mais lorsque l’ambiance touristique de la ville devient too much, rien de tel qu’une virée sur la côte. La station balnéaire la plus fréquentée est Rockport.

Marblehead

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À moins de 10 kilomètres au sud-est de Salem, le long de la baie, Marblehead est un charmant village côtier réputé pour ses maisons historiques du 18e siècle. C’est également le lieu de naissance de la marine américaine, l’US Navy, un évènement qui a été reconnu récemment par le président Barack Obama. Les premiers navires de guerre américains furent construits ici du temps de George Washington. L’office du tourisme (ouvert tous les jours en haute saison) distribue des plans pour visiter le village. Outre ses pittoresques petites rues, Marblehead vaut également le détour pour ses paysages côtiers qui rappellent un peu la Bretagne. Pour avoir un beau point de vue, il faut se rendre au Fort Sewall, un ancien fort anglais vieux de plus de 250 ans situé au bout de Front Street.

Les amateurs de plage peuvent se rendre à Devereux Beach qui vaut le détour pour son cadre. C’est un long ruban de sable étiré entre la baie et l’océan. Très fréquentée en été.

Marblehead est une destination assez prisée en été et compte pas mal de B&B. Mieux vaut réserver. C’est un site apprécié pour les voyages romantiques. L’hôtel Harbor Light Inn est une bonne adresse et dispose d’une piscine chauffée extérieure. Pas mal de restaurants de poissons et fruits de mer dans le village, pas forcément hors de prix (donc une bonne occasion de goûter les spécialités locales).

Gloucester

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Fondé en 1623, Gloucester est le plus ancien port de pêche du Massachusetts, et probablement des USA. Situé à environ 60 kilomètres au nord de Boston, c’est toujours un port aujourd’hui. Le site est assez connu pour ses pêcheurs disparus lors de l’une des plus importantes tempêtes de l’histoire. Un évènement qui fut l’objet d’un livre et d’un film. Pour en savoir plus sur l’histoire du port de pêche, il faut visiter l’intéressant Cape Ann Museum (du nom de la péninsule Cape Ann).

Les amateurs de belles demeures ne manqueront pas de visiter Beauport, un superbe manoir de 45 pièces surplombant le port de Gloucester depuis son rocher. La maison, ancienne propriété d’un décorateur d’Hollywood, est un mélange de styles et chaque pièce est totalement différente les unes des autres. La grande curiosité reste la grande piscine qui peut être remplie en actionnant un levier soit par de l’eau fraîche soit par de l’eau de mer.

Inutile toutefois de faire un détour à Gloucester pour tout ceci si ce n’est pas sur votre route. La véritable attraction de la ville en revanche reste les croisières d’observations des baleines en été. La région est particulièrement propice pour admirer ces grands et fantastiques animaux. L’office du tourisme (sur la Route 127) donne toutes les informations à ce sujet.

Ceux qui souhaitent faire un petit arrêt plage peuvent se rendre directement à Good Harbor Beach qui est une magnifique étendue de sable blanc dans un cadre naturel très attrayant. Essayez de vous garer assez loin de la plage et d’y venir à pied, car le parking y est hors de prix.

Rockport

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Rockport est la seule véritable station balnéaire du North Shore. Cette petite ville d’environ 7.000 habitants se trouve à moins de 5 miles au nord de Gloucester. C’est une station assez chic et très animée en été. On y trouve tous les incontournables de la côte de Nouvelle-Angleterre, des marchands de glaces, des maisons historiques, des restaurants de fruits de mer, quelques galeries d’art et bien sûr un littoral rocheux entrecoupé de belles plages de sable. Bearskin Neck est l’artère principale de Rockport, bordée d’anciennes maisons de pêcheurs en bois, devenues des restaurants et boutiques.

L’un des plus beaux paysages aux alentours de Rockport est le parc de Halibut Point State Park (entrée payante sur donation, ouvert tous les jours en haute saison) qui se trouve un peu au nord de la station sur la Route 127. C’est une splendide portion de côte rocheuse qui était autrefois une carrière de granite. Possibilité de petites randonnées dans le parc.

Pour l’anecdote, Rockport est l’inspiration de l’un des décors principaux de l’excellent roman de Joël Dicker, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, que je vous conseil vivement.

Salem, Massachusetts

Salem Massachusetts

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Population : 41.340

La petite ville de Salem, à une bonne vingtaine de kilomètres au nord de Boston, est une excursion à la journée très prisée des visiteurs. Il faut dire que la cité est historique et particulière à plus d’un titre. Fondée en 1626 par l’un des groupes de pêcheurs faisant partie des premiers colons américains, Salem doit son nom à l’antique Jérusalem (et à l’hébreu shalom qui signifie « paix »). Les colons voyaient ici le site parfait pour y établir la capitale de leur futur pays.

Salem est donc un site historique majeur dans l’histoire de peuplement de l’Amérique par les Européens, toutefois l’évènement marquant de la ville n’a pas grand-chose à voir avec cela. Il prend place environ soixante ans plus tard en 1692 lors du Procès des Sorcières de Salem, lorsque la rigidité puritaine atteindra son apogée absolu.

Si l’on connait généralement le nom de Salem et l’existence de ces sorcières en Europe, le fond de cette histoire, plutôt horrible, est bien souvent totalement inconnu. Le procès des sorcières de Salem est pourtant l’évènement historique principal de ce que l’on pourrait qualifier de Moyen-Age des USA. Il est emblématique de la paranoïa puritaine de l’époque et surtout de la peur induite par la religion parmi la communauté. Une peur que l’on retrouve encore presque intacte aujourd’hui dans bon nombre de régions américaines.

L’histoire commence dans le village de Danvers (à l’époque appelé Salem Village) durant l’hiver au début de l’année 1692. À ce moment, les deux filles d’un révérend, Betty Parris et Abigail Williams, sont diagnostiquées comme possédées par le diable tandis qu’elles sont victimes d’agissements étranges. Évidemment, tout ceci repose sur des faits très douteux et des explications qui ne le sont pas moins. Le plus étrange des agissements des deux filles aurait été qu’elle s’était mise subitement à parler une langue inconnue. Plus étrange encore, d’autres filles sont rapidement victimes des mêmes agissements. Sous la pression populaire, elles sont rapidement contraintes à parler et à donner les noms des « sorcières » qui les auraient envoutées. Il est à peu près certain que tout ceci était dû à la pression religieuse qui existait à l’époque et probablement à l’ergotisme (une maladie très répandue à cette époque due à la culture du seigle et dont les symptômes se rapprochent de la consommation de LSD). Les noms donnés sont donc ceux des personnes marginales, ou perçues comme telles.

Salem tombe dans l’hystérie générale. La chasse aux sorcières est totale et l’activité de la ville sombre complètement. Durant l’été 1692, 19 des personnes arrêtées pour sorcellerie sont condamnées à mort. De nombreuses personnes s’enfuient vers le sud, d’autres deviennent totalement folles. L’épisode des sorcières de Salem est toujours difficilement explicable aujourd’hui, les historiens n’étant pas tout à fait certains des tenants et aboutissants de l’évènement.

Désormais, il ne reste principalement que deux choses de cette histoire. Tout d’abord le principe de liberté religieuse quasi totale aux USA, qui est l’un des principes fondateurs du pays. Ensuite, la ville de Salem en elle-même (qui est le lieu du procès et non des évènements).

Le fait qu’un évènement aussi glauque soit aujourd’hui à la source d’une industrie touristique florissante, principalement tournée vers les enfants (Salem ne manque pas de magasins de chapeaux de sorcières et de balais volants), est pour le moins discutable. Toutefois, Salem est aussi une belle ville historique et constitue une étape agréable.

Pour ce qui est des sorcières, la ville abonde en attractions dont l’intérêt est très limité et souvent d’un mauvais goût affirmé. De nombreux magasins de souvenirs vendent également toute la parfaite panoplie de sorcière et généralement de toutes les créatures magiques. Seul le Salem Witch Museum est légèrement au-dessus du lot. (Washington Square, ouvert tous les jours, entrée payante). Il traite l’évènement sous un angle moderne en le comparant aux problèmes actuels du racisme et de la ségrégation. Le musée reste tout de même assez kitch et il n’évite pas la surenchère (ce que de toute façon la plupart des visiteurs viennent chercher).

Ce qui est un peu dommage c’est que Salem accueille l’un des meilleurs musées de Nouvelle-Angleterre, mais qu’il est du coup au second plan, derrière les sites liés aux sorcières. Il s’agit du Peabody Essex Museum (Essex Street, ouvert tous les jours, entrée payante). D’un point de vue architectural le musée est une réussite avec ses grands espaces en verrières. C’est l’un des plus anciens musées du pays. Il a été fondé en 1799 par des marins locaux qui s’étaient réunis en une association dont le but était de récolter toutes les curiosités qu’ils trouveraient sur leur route. Et c’est ce qu’ils ont fait, le musée abrite désormais plus de 840.000 œuvres venus de tous les continents. On peut notamment y voir l’une des trois représentations existantes dans le monde du dieu hawaiien Ku, sculptée en bois de l’arbre à pain (ou aïto). Le musée se focalise également sur l’architecture (on pouvait s’en douter). L’une des pièces maîtresses est par exemple une ancienne maison chinoise d’un marchand de la dynastie des Qing, appelée Yin Yu Tang, démontée en Chine puis reconstruite à l’identique sur le site du musée. À ne pas manquer si vous êtes à Salem.

Les attraits de Salem ne s’arrêtent pas là. La ville est aussi, et surtout d’ailleurs, un port historique pour les USA. Ce qu’il reste de la première colonie établie ici sur le front de mer est préservé par le Salem Maritime National Historic Site. Les principaux points d’intérêts sont l’ancienne maison des douanes (customs house), la Derby House, la House of the Seven Gables (connue pour être le cadre d’un roman fantastique de Nathaniel Hawthorne) et une superbe réplique d’un vieux navire. C’est un quartier agréable pour se promener une heure ou deux.

Dans un registre totalement différent, on trouve au sud de Salem sur la Route 1A un diner du nom de Salem Diner (70 Loring Avenue) qui sert des hamburgers dans un décor de cinéma (une vieille caravane typique comme on en voit dans les films). Une bonne étape sur la route entre Salem et Boston.

Lexington & Concord, Massachusetts

Lexington Concord Massachusetts

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Les deux petites villes voisines de Lexington et de Concord sont des sites majeurs dans l’histoire de la révolution américaine. Dans la nuit du 18 avril 1775, Paul Revere chevaucha le long de ce qui est désormais Massachusetts Avenue, quittant le quartier du North End à Boston, passant par Cambridge et Arlington afin de se rendre en toute hâte à Lexington. Pourquoi ? Pour prévenir les patriotes révolutionnaires (les Patriots), réunis ici, que les Anglais étaient en train de préparer une attaque imminente. Un acte héroïque, car il était suivi de près par une petite armée de plus de 700 soldats britanniques, chargés de s’emparer de toutes les provisions (et armes) stockées un peu plus au nord à Concord.

Tout ceci mènera à la première grande bataille entre les Anglais et les Anglais des colonies, les futurs américains, et ainsi au commencement de la guerre pour l’indépendance des États-Unis. L’ascendant stratégique donné par Paul Revere sera évidemment déterminant pour la suite de l’Histoire.

La route empruntée par Paul Revere est aujourd’hui largement noyée sous les autoroutes et les banlieues de Boston, mais les sites principaux de cette première confrontation militaire dans la révolution américaine sont toujours présents et bien visibles à Lexington et à Concord.

La visite de Lexington et de Concord se fait généralement d’un seul tenant et le mieux est de suivre un tour guidé depuis Boston. Toutefois, il est également possible de se rendre indépendamment à Lexington et à Concord via les bus et les trains. Inutile de dire que c’est avant tout une visite à réserver à tous ceux qui ont un intérêt certain dans l’histoire américaine, car les deux villes n’offrent pas beaucoup d’autres attraits. L’ensemble des sites historiques liés aux batailles est inclus dans le Minutemen National Historic Park. L’office du tourisme du parc se trouve à Concord.

Pour bien comprendre le déroulement des faits, il faut savoir que Lexington était en quelque sorte le front de la bataille (où étaient stationnés les Américains prêts à en découdre) tandis que Concord servait de camp de base et d’entrepôt pour les armes et les munitions (qui constituait l’objectif militaire des troupes anglaises).

À Lexington, les jardins de Town Common, ou Lexington Battle Green, marque l’emplacement des premiers affrontements dans les batailles de Lexington et Concord et donc du tout début de la guerre qui conduira à l’indépendance des USA, le 19 avril 1775. Techniquement, le site est un petit parc assez classique parsemé de mémoriaux et de statues. La plus emblématique est celle de John Parker. Ce dernier était le capitaine des Minutemen, une milice américaine qui fut la première à s’opposer aux Anglais. Le nom de Minuteman vient du fait que cette milice était préparée de longue date à la guerre et prête à répondre très rapidement (dans la minute) à cette éventualité.

Les Minutemen étaient prévenus de l’arrivée des soldats anglais et attendaient donc leur arrivée à la taverne de Buckman qui est toujours visible aujourd’hui (mais qui ne ressemble absolument pas à une taverne, mais plutôt à une tranquille maison de campagne). À l’opposé du parc de Town Common, la Munroe Tavern était le quartier général des Anglais lors de la bataille ainsi que leur hôpital de campagne. Au cas où vous vous posez la question, cela n’a rien à voir non plus avec une taverne classique comme on l’imagine.

La Hancock-Clarke House, au nord du site, est le lieu où les révolutionnaires Samuel Adams et John Hancock ont été prévenus par Paul Revere en pleine nuit. À noter que quand ces trois hommes se sont réunis ici la maison abritait le noyau dur de la révolution américaine. C’est aujourd’hui un musée sur la révolution. La maison qui est visible aujourd’hui sur le site n’est pas celle qui se trouvait ici lors de la bataille, mais une reconstruction (eh oui, c’est comme ça !).

Autant à leur arrivée à Lexington, les Anglais avaient incontestablement l’ascendant sur la bataille, à tous points de vue, autant au moment où ils arrivent à Concord, la Révolution les dépasse déjà largement et tous les Américains de la région ont pris les armes. Paul Revere n’a jamais prévenu Concord de l’arrivée des Anglais, car il fut capturé à mi-chemin entre Lexington et Concord. Toutefois, grâce à des renseignements d’espions, les Américains avaient eu connaissance des plans des Anglais et avaient déplacé les stocks vers des lieux plus sûrs. Ainsi à Concord les Anglais subissent la débâcle. Rien ne se passe comme prévu pour eux et ils sont très rapidement moins nombreux et stratégiquement dépassés par les Américains.

Il est malheureusement difficile de raconter l’intégralité du déroulement des batailles de Lexington et de Concord dans cet article et force est de reconnaître que tout ceci n’est pas forcément passionnant pour qui ne s’intéresse pas à l’histoire. Les bâtiments historiques sont à voir, mais finalement pas vraiment évocateurs. Donc pour ceux qui le peuvent et le souhaitent mon conseil est de venir si possible au Patriot’s Day (chaque troisième lundi d’avril). Il s’agit d’une reconstitution en costume de la chevauchée de Paul Revere et de la bataille de Lexington. Un bon moyen de découvrir visuellement ce moment clé de l’histoire américaine et, par ricochets, du monde.

Cambridge, Massachusetts

Cambridge Massachusetts

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Au moins aussi célèbre que Boston, la ville universitaire voisine de Cambridge est l’un de ces lieux qui vous font croire dans l’idée du rêve américain (au moins en tant que simple visiteur). La visite de Cambridge est un incontournable, facilement accessible en métro par la station Harvard Square. Le « square » en question est en réalité une intersection de rues et constitue l’un des endroits les plus animés de la métropole. Tout ceci est lié à la présence de deux des plus grandes institutions universitaires du monde, le MIT (Massachusetts Institute of Technology) et la faculté majeure de l’Ivy League, Harvard. Les étudiants qui gravitent ici, futurs dirigeants ou prix Nobels, ont entrainé la création d’un quartier riche en librairies et en cafés bohèmes.

Comme c’est le cas pour toutes les grandes universités du pays, la visite du campus de Harvard est une expérience enrichissante, totalement gratuite et ouverte à tout le monde. Fondée en 1636, Harvard est probablement la plus réputée des universités d’élite des USA (la fameuse Ivy League), en plus d’être la plus historique. Sa bibliothèque principale, la Widener Library, contient par exemple l’une des bibles originales imprimées par Gutenberg. Le campus abrite également plusieurs musées de grande renommée. Le Harvard Art Museum, récemment rénové, expose plus de 150.000 œuvres d’art. Non loin le Harvard Museum of Natural History (Oxford Street) est un classique du genre avec d’immenses squelettes de dinosaures.

À quelques kilomètres du campus d’Harvard, le MIT abrite pour sa part le MIT Museum (entrée payante, ouvert tous les jours) qui se concentre évidemment sur les technologies en tous genres et particulièrement la robotique.

La vieille ville de Cambridge, bien conservée, mérite également une visite, particulièrement pour ses grandes demeures historiques. La plus remarquable est la Longfellow House sur Brattle Street (entrée payante). Résidence du poète Henry Longfellow, ce grand manoir à l’architecture typiquement américaine fut également pendant un temps le quartier général de George Washington avant qu’il ne devienne le premier président du pays.

Back Bay, Boston, Massachusetts

Back Bay Boston Massachusetts

Le « nouveau » quartier de Back Bay prend place au sud des jardins de Boston Commons. Jusqu’en 1857, il s’agissait ici d’une zone marécageuse de la rivière Charles. Les vastes boulevards et les élégantes demeures de Back Bay ont été construits au fur et à mesure du comblement des marécages. Parcourir le quartier d’est en ouest permet d’avoir un exposé visuel sur l’évolution de l’architecture victorienne aux USA. La construction la plus marquante et emblématique est incontestablement l’église de Trinity Church, située sur Clarendon Street (entrée payante). À mon humble avis l’une des plus belles églises du pays (en tout cas l’une des plus stupéfiantes), Trinity Church est également une merveille de décoration intérieure, conçu littéralement pour donner l’impression d’une peinture grandeur nature.

Le contraste architectural est on ne peut plus important entre Trinity Church et l’immense building qui la surplombe, la John Hancock Tower (du nom du signataire de la déclaration d’indépendance, et non du héros joué par Will Smith). Cet immense gratte-ciel (le plus haut de la ville), facilement reconnaissable dans la skyline de Boston, car il semble fendu en deux, est l’œuvre du célèbre architecte I.M Pei (Pyramide du Louvre…). Pour l’anecdote, qui ravira les geeks en tous genres, il faut savoir que Sony s’est inspiré du design de la tour pour sa console PlayStation 4. La conception du building est impressionnante, mais n’était pas particulièrement au point tant et si bien que durant les premières années les panneaux en verre qui le recouvrent devaient être changés en permanence et que les prix des assurances immobilières dans le quartier ont explosé. Le building contient un mall plutôt haut de gamme.

À une rue parallèle de Trinity Church et de la John Hancock Tower, Newbury Street est une destination incontournable pour les amateurs de shopping. Avenue chic de Boston, penchant de la 5e Avenue, Newbury est l’une des rues commerçantes les plus charmantes et agréables du pays. Les boutiques, cafés et galeries d’art y occupent de petites maisons victoriennes.

Le Christian Science Center, au croisement des avenues Huntington et Massachusetts, est un monument très impressionnant, particulièrement réputé pour son Mapparium (entrée payante, fermé le lundi). Le Mapparium est une « œuvre » assez curieuse. C’est un immense globe terrestre à travers lequel on passe via une passerelle. Ne vous étonnez pas de trouver les frontières un peu étranges, le Mapparium fut construit en 1932 et force est de constater que depuis les pays du monde ont beaucoup changé. À noter qu’en dehors du Mapparium, qui est l’attrait principal pour le visiteur lambda, le Centre est également le cœur d’un mouvement théologique important appelé la Science Chrétienne. Considéré comme une association culturelle aux USA, mais à moitié comme une secte dans d’autres pays, la First Church of Christ, Scientist, fut créée à Boston et repose une forme de médecine inspirée par les enseignements de Jésus.

Au sud de Back Bay, et en dehors des limites officielles du quartier, sur Huntington Avenue, le Museum of Fine Arts (Musée des Beaux-Arts) est une institution de renommée internationale dont la visite peut largement combler toute une journée. Le musée, récemment entièrement rénové et agrandi, est immense et les expositions sont diverses et couvrent plusieurs continents et de nombreuses périodes. Parmi les chefs d’œuvres on trouve des œuvres de Van Gogh, Renoir, Cézanne, Monet, Matisse, Manet, Gauguin, Homer, Turner, Degas de très vieilles pièces égyptiennes ou chinoises, et un fantastique tableau de Frederic Church intitulé Rainy Season in the Tropics. En bref, 450.000 œuvres qui en font l’une des collections majeures des USA et du monde. À noter que le musée est assez loin, mais qu’il est facilement accessible via le métro, particulièrement la station Museum sur la ligne verte (train E). L’entrée est payante, mais sur donation le mercredi après-midi. Le billet d’entrée est valable pour deux visites.

Tout proche du MFA, le Musée Isabella Stewart Gardner est moins impressionnant à tous niveaux, mais il ne fait pas pâle figure. Le musée offre l’entrée à toutes les personnes appelées Isabella, entrée payante pour les autres. D’un point de vue architectural le musée est magnifique et mérite un large détour. C’est une imitation d’un palais vénitien du 15e siècle du plus bel effet. La cour centrale avec son jardin est superbe. Profitant de son cadre unique, le musée accueille d’ailleurs parfois des concerts. Indubitablement écrasé par les collections de son immense voisin, le musée comporte tout de même quelques très belles œuvres d’art américain et européen, dont les tableaux énigmatiques aux lumières fantastiques de John Singer Sargent.

Plus loin sur la ligne verte du métro (station Kenmore) se trouve l’immense et mythique stade de Fenway Park qui accueille les matches de l’équipe locale de baseball, les Red Sox. Ce stade gigantesque semble construit pour intimider les adversaires (et particulièrement les ennemis jurés de New York, l’équipe des Yankees). L’un des virages du stade est d’ailleurs surnommé le Green Monster, car il ressemble à une véritable vague qui semble déferler sur le terrain. Un match au Fenway est toujours une expérience incroyable. Il est également possible de visiter le stade avec un guide, mais c’est certainement moins intéressant que d’être plongé dans l’ambiance.

Boston Waterfront, Massachusetts

Waterfront Boston Massachusetts

Le waterfront correspond à l’ensemble des quartiers qui bordent le Boston Harbor, le port de Boston. Autrefois un site peu avenant et uniquement industriel, où il n’était pas vraiment possible de se promener, le waterfront a subi ces dernières années toute une série de transformations. Des espaces verts, des fontaines et surtout une longue promenade piétonne, le Harborwalk, ont permis à Boston de redécouvrir son visage littoral. Le harborwalk permet de rejoindre presque tous les sites d’intérêts au cours d’une sympathique balade au bord de l’eau. Évidemment le waterfront et le harborwalk sont d’autant plus agréables aux beaux jours.

Dans le quartier de North End, à côté du grand hôtel Marriott Long Wharf, le parc de Columbus est un bel endroit pour laisser filer le temps à l’ombre des glycines ou faire une pause picnic au bord de l’eau. C’est un parc très fréquenté en été. Il tient bien entendu son nom de Christophe Colomb qui est représenté en statue dans le parc.

Non loin de Columbus, le quai de Long Wharf est une autre balade agréable. Il faut savoir que Faneuil Hall se trouvait à l’origine au bout de ce quai. Cela permet de se rendre compte de la façon spectaculaire dont Boston s’est agrandie sur la mer, car Faneuil Hall est désormais au beau milieu de la ville. Historiquement, c’est depuis Long Wharf que les derniers anglais ont quitté Boston avant l’indépendance du pays, le 17 mars 1776. Plus tard on construisit la Custom House Tower au bout de Long Wharf, mais à l’image du Faneuil Hall, ce bâtiment se trouve lui aussi désormais dans l’intérieur, car le quai fut de nouveau largement prolongé. L’ancienne tour des douanes du port de Boston est aujourd’hui un hôtel (encore un Marriott !), mais il est possible de monter au point d’observation qui offre de belles vues sur la baie. Au moment de sa construction, il s’agissait du plus haut building de Nouvelle-Angleterre. C’est désormais le 17e plus haut immeuble de Boston. Les temps changent…

Long Wharf est également le quai de départ des croisières dans le port de Boston. À noter que ce n’est pas forcément passionnant, car les croisières passent entre les quais du port de commerce où s’alignent les marchandises et les pistes de l’aéroport Logan. En revanche, il est possible de prendre des ferries vers le Cape Cod ou encore les îles de Spectacle et de George Island (appelées les Harbor Islands), ce qui pour le coup est beaucoup plus agréable comme visite. La compagnie Boston Harbor Cruise propose également une croisière un peu spéciale appelée Codzilla (éternel jeu de mots à Boston entre Cod (qui signifie morue) et Godzilla). En réalité, c’est juste une croisière dans le port sur un bateau puissant et en musique. Drôle de concept qui se rapproche plus de la fête foraine que de la véritable croisière.

Sur le quai voisin de Central Wharf (le waterfront est une succession de quais) se trouve le New England Aquarium (entrée payante, assez chère, réduction pour les enfants). L’aquarium régional possède une piscine extérieure où vivent des loutres de mer. À l’intérieur, la pièce maitresse est un gigantesque aquarium cylindrique (le Giant Ocean Tank d’une capacité de 760.000 litres tout de même). Il simule un récif corallien et contient tout un écosystème avec notamment des grandes tortues de mer, des raies, des barracudas ou encore des requins, ainsi bien sûr que d’innombrables petites espèces (dont de splendides poissons-lions de Californie). De façon assez étonnante, on sent parfois dans les descriptions de poissons que les auteurs sont assez intéressés par les qualités gustatives de certains poissons (sic !). Des plongeurs en bouteilles nourrissent les espèces jusqu’à cinq fois par jour.

L’aquarium propose également des sorties pour partir observer les baleines en mer lorsqu’elles sont de passage vers Boston, soit entre avril et octobre. Les croisières d’observation durent environ 4h et coûtent dans les 40$.

Sur l’autre rive, dans le quartier de South Boston, difficile de manquer le Children’s Museum (300 Congress Street, ouvert tous les jours, entrée payante, réduction pour les enfants, entrée à 1$ le vendredi entre 17h et 21h). En effet, il se repère de loin grâce à son immense reproduction d’une bouteille de lait, la Hood Milk Bottle. La bouteille géante contient un marchand de glace et un snack (mais pas de lait). Le musée s’étend sur trois étages et propose des expositions variées et plus ou moins éducatives.

Dans un registre radicalement différent, il est également difficile de ne pas remarquer la superbe architecture de l’Institute of Contemporary Art (institut d’art contemporain) (100 Northern Avenue, entrée payante, gratuit pour les moins de 17 ans et pour les familles chaque dernier dimanche du mois, fermé le lundi, station de métro Courthouse). C’est un grand rectangle de verre qui surplombe les eaux du Boston Harbor créant une scène très photogénique. L’immeuble en lui-même est d’ailleurs l’élément le plus intéressant du musée. La partie au-dessus de l’eau possède un sol entièrement vitré qui permet d’apprécier notamment le nombre de méduses qui se baladent dans les eaux du port. Le musée expose des œuvres d’art contemporain, comme son nom l’indique plutôt pas mal.

Isolé dans son coin sur la Charles River, le Museum of Science de Boston est l’une des plus grandes attractions de la ville, en dehors des sites historiques. Ce vaste musée, sorte de Cité des Sciences, s’intéresse particulièrement aux sciences naturelles et à la physique à travers de nombreuses expositions. Il comporte également un cinéma IMAX et un excellent planétarium. Un musée très bien fait. (Ouvert tous les jours, entrée payante, station de métro Science Park).

Beacon Hill, Boston, Massachusetts

Beacon Hill Boston Massachusetts

Bien moins connu que le Freedom Trail, le Black Heritage Trail est un autre chemin qui permet de découvrir un pan de l’histoire de Boston. Il sillonne le superbe quartier historique de Beacon Hill sur les traces historiques de la communauté afro-américaine de la ville.

Le Massachusetts fut le premier état américain à déclarer l’esclavage illégal, en 1783. C’était en partie dû à la participation active de la population noire dans la révolution. Aussi la communauté noire de Boston, composée d’hommes libres et d’esclaves échappés du sud, a rapidement grandi, principalement dans les quartiers du North End et de Beacon Hill. Le Black Heritage Trail se concentre sur ce dernier secteur et met en avant les différents lieux importants dans l’histoire noire locale.

Assez paradoxalement, il faut savoir que le quartier de Beacon Hill s’est développé dans le temps pour devenir un quartier très majoritairement blanc et très peu de noirs y résident désormais. Une preuve des inégalités qui caractérisent toujours la société américaine, car Beacon Hill est l’un des quartiers les plus riches de Boston.

Pour suivre intégralement le Black Heritage Trail, le mieux est de se rendre à l’office du tourisme (près des jardins de Boston Common) pour se procurer un plan.

À l’image du Freedom Trail, il est tout à fait possible de commencer le Black Heritage Trail à n’importe quel site, toutefois il débute officiellement à l’Abiel Smith School au 46, Joy Street. Ce modeste édifice en briques rouges, datant de 1835, fut la première école publique de la ville destinée aux noirs libres. L’école en elle-même existait depuis 1798, mais ne disposait pas de bâtiment propre, ce qui fut chose faite ici. L’Abiel Smith School contient aujourd’hui le Museum of African American History qui illustre le mouvement national pour les droits civils ainsi que l’histoire locale de la communauté afro-américaine.

Quelques mètres plus loin l’African Meeting House, au 8 Smith Street, construite en 1806, fut la première église afro-américaine des USA. Un site historique qui a pris le surnom de Black Faneuil Hall (le Faneuil Hall Noir) durant le mouvement pour l’abolition de l’esclavage dans le pays. Un surnom qui vient du Faneuil Hall, autre site historique de Boston (situé sur le Freedom Trail) où les révolutionnaires se rencontraient. C’est également ici que Frederick Douglass, ancien esclave et homme d’État, fit un discours historique pour encourager les noirs à prendre les armes lors de la Guerre civile américaine, opposant les états esclavagistes du Sud (les Confédérés) aux états du Nord (les États-Unis), signant probablement un tournant dans l’issue du conflit et dans l’histoire des Afro-Américains aux USA.

Parmi les populations noires qui s’engagèrent dans la guerre, les volontaires du 54e régiment du Massachusetts sont commémorés par un monument érigé aux abords des jardins de Boston Common (face à l’assemblée de l’état) et qui marque la fin du Black Heritage Trail. Le mémorial décrit le départ du régiment le long de Beacon Street. Cette unité militaire sera décimée lors de la bataille de Fort Wagner (Caroline du Sud) en 1863 ou elle gagnera paradoxalement sa reconnaissance historique. Un événement relaté par le film Glory, avec notamment Denzel Washington et Morgan Freeman.

Entre l’African Meeting House et le Monument du 54e Régiment, le Black Heritage Trail parcourt les rues de Beacon Hill, l’un des secteurs les plus pittoresques de la ville, permettant de découvrir plusieurs autres monuments historiques. Parmi ceux-ci se trouve la Lewis & Harriet Hayden House, au 66 Phillips Street. Les Hayden formaient un couple d’esclaves échappés du Kentucky et qui avaient fait leurs vies à Boston. Avant l’abolition de l’esclavage, leur maison de Boston était devenue l’une des étapes majeures de l’Underground Railroad. La « voie ferrée souterraine » était le nom donné à un réseau de cachettes et de relais permettant aux esclaves de s’enfuir vers les états dit « libres » ou vers le Canada au nord. La maison des Haydens servait donc de refuge aux esclaves en fuite afin qu’ils ne soient pas arrêtés par les chasseurs lancés à leurs poursuites.

Enfin il ne faut pas hésiter à s’écarter du Black Heritage Trail pour se perdre dans les ruelles pavées de Beacon Hill. L’une des rues les plus photogéniques est Acorn Street, qui a des faux airs de Montmartre. Vous êtes à peu près sûr d’y voir un couple de jeunes mariés en train d’y être photographié devant l’emblématique drapeau américain.

Freedom Trail, Boston, Massachusetts

Freedom Trail Boston Massachusetts

Ceux qui vont lire cet article en entier pourront se considérer comme de vrais patriotes !

La meilleure façon de découvrir Boston, de s’y orienter et d’en parcourir l’histoire est d’arpenter le Freedom Trail. Signifiant le « sentier de la liberté », le Freedom Trail est l’attraction numéro un de Boston. Il peut être parcouru en intégralité ou en partie, en suivant la ligne de briques rouges incrustée dans les trottoirs de la cité. Il est possible de prendre le Freedom Trail depuis n’importe quel lieu, mais techniquement la visite complète, détaillée par l’office du tourisme, débute au niveau des jardins de Boston Common, à l’office du tourisme justement.

La première étape du chemin est le Massachusetts State House. Facilement reconnaissable avec son dôme doré et ses briques rouges, l’assemblée de l’état fut construite en 1798 par l’architecte Charles Bulfinch. Mr Bulfinch est aussi à l’origine du Capitole de Washington DC (petite anecdote pour briller en société). En lui-même, le bâtiment n’a rien de particulier, mais on peut tout de même noter qu’il abrite la Morue Sacrée du Massachusetts, et ça, ce n’est pas rien. Cette grande morue en bois fut donnée par un pêcheur afin de symboliser l’importance de l’industrie de la pêche pour la ville. La fameuse morue est pendue dans l’assemblée face au pupitre et on lui donne une direction différente selon le parti qui est au pouvoir (véridique). Pour faire dans la surenchère, les sénateurs ont décidé eux aussi d’avoir leur petite mascotte de poisson en bois et l’on trouve donc pendu au-dessus d’un chandelier dans la Massachusetts Senate Chamber (chambre du Sénat du Massachusetts) un maquereau sculpté surnommé le Saint Maquereau. L’histoire de la morue sacrée du Massachusetts est évidemment émaillée de multiples cocasseries dont la principale est sans doute son vol en 1933 par les journalistes du Harvard Lampoon (une revue humoristique publiée par l’université d’Harvard). Ils avaient donc décidé de chaparder la Morue. Tout ceci a fait un scandale incroyable et les députés avaient jugé qu’il était parfaitement impensable de conduire les affaires de l’État sans le regard bienveillant de leur morue sacrée. La police a été mise sur l’affaire et a même été jusqu’à chercher les fonds de la rivière Charles. La morue fut finalement rendue lors d’une remise d’otage digne d’un film d’espionnage. Cette affaire, on ne peut plus fantasque, est officiellement appelée l’affaire du Cod-napping, un jeu de mots entre kidnapping et cod (morue en anglais). Je préfère préciser que ce n’est pas de la science-fiction et que tout ceci est vrai.

En continuant le Freedom Trail, on arrive à Park Street Church. À noter la particularité de cette église que l’on ne peut visiter qu’en juillet et en août, sinon c’est sur rendez-vous uniquement. Selon Henry James, l’église de Park Street était « l’amas de briques et de mortier de toute l’Amérique ». C’est un peu excessif, mais son clocher est tout de même remarquable. D’un point de vue historique, c’est dans cette église que William Lloyd Garrison prononça l’un des premiers discours publics abolitionnistes, le 4 juillet 1829, déclenchant une série d’évènements (dont une grande guerre) qui aboutiront finalement à la fin de l’esclavage aux USA. Garrison était un grand homme qui aura lutté toute sa vie pour les droits des autres (contre l’esclavage puis pour le vote des femmes). Dans un autre registre, c’est également de l’église de Park Street qu’est partie la congrégation qui établira la toute première mission américaine sur les îles Sandwich, plus connues aujourd’hui en tant que 50e état du pays, Hawaii.

Juste à côté de l’église, l’ancien cimetière de Old Granary compte parmi ses quelque 5000 résidents permanents (et pour cause…) de nombreux grands noms de l’histoire américaine. Paul Revere, grand révolutionnaire que nous reverrons un peu plus loin, Adams, Hancock et Plaine, trois des signataires de la déclaration d’indépendance, ou encore Mother Goose. Connue en France sous le nom de Mère l’Oie (ou Mère l’Oye), Mother Goose est un personnage entre fable et réalité. Elle aurait été une grand-mère qui collectait des contes de fées et les chantait pour ses petits-enfants. Parmi ceux-ci la Belle au Bois Dormant ou Cendrillon. Évidemment ces contes sont attribués à Charles Perrault, mais publiés dans un livre intitulé Contes de ma mère l’Oye. Toute cette histoire étant pour le moins floue, elle n’a retenu (à Boston du moins) que cette tombe, où reposerait donc la véritable Mother Goose. Cette « vraie » personne était Elizabeth Vergoose, qui vivait à Boston à la fin du 17e siècle. L’une de ses filles devenue adulte se serait mariée à un éditeur qui aurait fini par publier un recueil des contes de sa belle-mère. Tout ceci est à prendre évidemment avec des pincettes…

Le King’s Chapel Burying Ground est un autre cimetière (oui, c’est la partie un peu glauque du Freedom Trail…). Celui-ci accueille le repos des premiers colons de l’Amérique dont nombre d’entre eux avaient fait le voyage depuis l’Europe sur le bateau Mayflower. Ils sont tous inconnus, mais autant dire que ce n’est pas rien. On y trouve également la tombe de John Winthrop, le premier gouverneur de la première colonie américaine (débarqué quelque temps après les colons du Mayflower et leader des puritains qui souhaitaient établir une utopie en Amérique). Pour en savoir plus, je vous invite à lire l’article d’introduction sur l’état du Massachusetts.

Un peu plus loin, une statue de Benjamin Franklin (qui est au moins aussi omniprésent à Boston qu’il ne l’est à Philadelphie et ce n’est pas peu dire) marque l’emplacement de la première Boston Latin School, sur la bien nommée School Street. Cette école publique fut la première du pays et c’est toujours la plus ancienne des USA, car elle existe toujours même si elle n’est plus au même endroit après avoir déménagé plusieurs fois pour s’agrandir. Il faut dire que la première Boston Latin School ne comptait qu’une classe de moins de 10 élèves et qu’elle en compte aujourd’hui près de 2500. Parmi ces élèves devenus célèbre on ne compte pas moins de 4 gouverneurs de l’état, 4 présidents de l’université d’Harvard et Benjamin Franklin, of course. L’actuelle Boston Latin School se trouve sur l’Avenue Louis Pasteur.

Près de la statue de Franklin (et en face du cimetière de King’s Chapel), mais pas officiellement sur le parcours du Freedom Trail, l’hôtel Parker House (aujourd’hui propriété de la chaîne Omni) est l’un des grands établissements de la ville et a accueilli un grand nombre de personnalités historiques (JFK, Dickens, Malcom X…). N’hésitez pas à jeter un coup d’œil au lobby, ça vaut le coup.

En continuant sur Washington Street, au cœur de Downtown, on trouve ce qui peut être considéré comme la partie centrale du Freedom Trail. On y découvre les deux bâtiments les plus importants de Boston d’un point de vue historique. L’Old South Meeting House, tout d’abord, était le plus grand bâtiment de la ville anglaise (préindépendance). Si c’est aujourd’hui un musée et un site majeur dans l’histoire de la révolution américaine, c’était à l’origine une église pour les puritains. C’est par la suite devenu un lieu de rassemblement naturel pour la population locale. C’est ici que Samuel Adams s’est adressé à près de 5000 personnes le 16 décembre 1773 déclenchant ainsi l’évènement connu sous le nom de Boston Tea Party où la foule s’est emparée des cargaisons de thé des navires de l’East India Company pour les déverser dans le port de Boston. Les tensions entre l’Angleterre et les colonies ont explosé à cette occasion. Nous connaissons tous cet évènement qui est étudié à l’école dans les manuels d’histoire, car il est le premier pas majeur vers la révolution américaine.

Toujours sur Washington Street, l’Old State House, est l’autre grand bâtiment historique du Freedom Trail. Construit en 1712 il s’agissait du siège du gouvernement colonial. C’est l’un des plus beaux monuments historiques (à mon sens) de Boston et il se tient toujours fièrement au cœur de la ville, quoiqu’il soit aujourd’hui regardé de haut par les gratte-ciels modernes qui l’entoure. C’est depuis le balcon que l’on voit en façade du bâtiment que la déclaration d’indépendance a été lue à Boston pour la première fois le 18 juillet 1776 (après qu’elle fut rédigée puis proclamée à Philadelphie le 4 juillet de la même année). Ironie de l’histoire (qui n’en est pas avare), deux siècles plus tard presque jour pour jour (en réalité le 11 juillet 1976) la reine d’Angleterre Élisabeth II se rendit à Boston pour commémorer le bicentenaire des USA et fit un discours depuis ce même balcon. Nul doute que s’ils avaient pu lire l’avenir, les révolutionnaires américains n’y auraient pas cru ! À l’intérieur du bâtiment se trouve désormais un musée consacré à l’histoire de Boston (entrée payante, ouvert tous les jours). Au sommet du bâtiment, vous remarquerez les statues du lion et la licorne qui sont les symboles de la monarchie britannique (le lion pour l’Angleterre, la licorne pour l’Ecosse), car il ne faut pas oublier que Boston était à l’origine une ville anglaise d’Amérique et que les habitants y étaient anglais.

Quasiment sous le balcon orné de l’Old State House, beaucoup de visiteurs (en fait personne) ne remarquent pas le rond de pierres pavées qui marque l’emplacement du site du Boston Massacre. Le 5 mars 1770, les soldats britanniques ont tiré sur une foule qui leur jetait des boules de neige remplies de pierres (d’où le symbole des pavés), l’un des premiers actes de rébellion des futurs américains.

La partie du Freedom Trail qui intéresse le plus les visiteurs amateurs de shopping se concentre autour du Quincy Market et du Faneuil Hall (dont le nom se prononce plus comme « faniel »). Le Faneuil Hall, qui ressemble à s’y méprendre à l’église de Park Street, était un ancien marché financé par un marchand local du nom de Peter Faneuil (quelle coïncidence !). C’était également un lieu de rassemblement pour les révolutionnaires. On peut notamment y voir juste devant la statue de Samuel Adams, l’un des grands bâtisseurs de la révolution. Vous pourrez remarquer sur le toit du bâtiment une girouette représentant une grande sauterelle. Il existe une anecdote intéressante liée à cette girouette puisqu’elle servait à l’époque de la révolution américaine à démasquer les espions anglais des vrais patriotes. Ces derniers devaient savoir ce que représentait la girouette. Dans le cas contraire, ils étaient considérés comme des espions. Ce n’était certainement pas infaillible. Bon en réalité aujourd’hui le Faneuil est surtout un bâtiment historique et il n’y a pas grand-chose à l’intérieur et pas vraiment de vraies boutiques. Pas d’inquiétude, il suffit de traverser le Faneuil Hall (admirez quand même l’intérieur) pour déboucher devant le Quincy Market. L’intérieur de ce beau bâtiment, qui a toujours abrité un marché, rassemble de nombreux stands de restaurations, dans la veine du Chelsea Market de NYC. En réalité, c’est d’ailleurs le Chelsea Market qui est dans la veine du Quincy Market de Boston, car ce dernier fut le premier du genre aux USA, marquant ainsi une grande tendance dans la rénovation urbaine du pays. À noter que l’ensemble de la rénovation a été supervisé par la même équipe que le célèbre Covent Garden de Londres. Ici, c’est donc le même modèle, restaurants, stands, et de nombreuses boutiques réparties dans des galeries marchandes, le tout dans un espace entièrement piéton. C’est sympathique et bien sûr très touristique. À noter que vous pourrez y manger pour pas très cher et le choix est varié.

À côté des marchés, sur Union Street, vous pourrez faire un petit détour hors du Freedom Trail pour visiter le New England Holocaust Memorial. Ce mémorial se distingue des autres par son attention toute particulière aux victimes non-juives. Il s’agit de six grands piliers en verre creux ressemblant à des cheminées d’usines et gravé d’informations sur l’holocauste.

De retour sur le Freedom Trail nous arrivons dans le quartier aux influences italiennes du North End. Généralement, les visiteurs s’arrêtent au Quincy Market avant de repartir vers Downtown et le North End est donc beaucoup moins visité. La raison est assez simple, le North End est séparé du centre-ville par l’autoroute I-93. C’est ici que les bienfaits du Big Dig, l’immense projet urbain qui a permis d’enterrer l’autoroute dans le centre-ville, sont les plus visibles. Auparavant il fallait passer sous l’autoroute, dans un cadre pas forcément génial. Maintenant, toute l’autoroute passe dans un tunnel et le North End s’est trouvé désenclavé. Comme je l’ai dit, cela n’empêche pas la plupart des visiteurs de s’arrêter avant.

Le premier site du Freedom Trail dans le North End est la Paul Revere House, la maison de Paul Revere qui en plus d’avoir été habité par l’un des plus grands révolutionnaires américains possède également la distinction d’être la seule demeure du 16e siècle encore debout à Boston. La maison en bois se visite tous les jours en haute saison (fermée le lundi en basse saison), l’entrée est payante. Elle fut construite après le grand incendie qui ravagea Boston en 1676, ce qui explique qu’elle soit encore là. Paul Revere y a habité pendant environ 30 ans à la fin du 18e siècle. Revere est particulièrement connu pour avoir été décisif en informant l’armée des colonies américaines de l’arrivée des troupes britanniques avant les batailles de Lexington et Concord, alors qu’ils ne s’y attendaient pas. Il existe aux USA un poème bien célèbre, Paul Revere’s Ride (la course de Paul Revere), qui commémore l’acte patriotique de Paul Revere. Toutefois, il est de notoriété publique qu’il n’est pas franchement très fidèle à la réalité historique. Peu importe, aux États-Unis l’histoire est souvent retranscrite sous sa forme héroïque et sensationnelle, quitte à omettre voire à modifier quelques détails ou lieux.

Tandis que Revere était parti prévenir de l’attaque imminente des Anglais à Lexington, le 18 avril 1775, deux lanternes avaient été accrochées au beffroi de la Old North Church, visible sur Salem Street. Ceci était destiné à prévenir Charlestown (l’ancien nom du quartier du North End, qui désigne aujourd’hui le quartier sur l’autre rive de la rivière Charles) de l’attaque si jamais Revere se faisait prendre. La consigne était la suivante « one if by land, two if by sea » (un si par la terre, deux si par la mer), un mot d’ordre assez flou pour ne pas être compris par les espions anglais. Il s’agissait donc des lanternes accrochées au beffroi de cette église et qui ont prévenu le quartier que les Anglais allaient attaquer par la mer.

Théoriquement le Freedom Trail continu avec un dernier site de l’autre côté de la rivière Charles, à Charlestown. Cependant, il faut être motivé pour traverser la rivière, car cela fait une assez longue marche. À noter qu’il existe un service de ferries entre le North End et Charlestown. Si vous aimez marcher ou si vous prenez le bateau vous pourrez donc voir le navire USS Constitution. C’est le plus ancien bateau militaire toujours à flot des USA et même du monde, car construit en 1797. Ce bateau historique se découvre lors de visites menées par des guides en costumes d’époques (et c’est gratuit). À noter que chaque année, pour le 4 juillet (indépendance du pays), le bateau navigue quelque temps dans la baie puis retourne à son ancrage, mais dans le sens opposé. Cela permet d’harmoniser les effets de l’érosion sur le bateau, car le côté qui fait face à l’eau s’abime plus rapidement. Je tiens à préciser que je sais pertinemment que tout le monde s’en fout ! Si vous êtes arrivés jusqu’ici félicitations, vous êtes l’un des rares Européens à avoir complété le Freedom Trail.