Parc national de Yosemite, Californie

Plus que tout autre lieu en Californie, Yosemite est sujet aux superlatifs. Pourtant, aucun n’est assez puissant pour traduire sur papier la majesté de la vallée du Yosemite, qui se dévoile au premier virage après l’entrée du parc. La vallée ne représente qu’une petite partie du parc national mais c’est incontestablement son plus grand attrait. Aussi classique que le Grand Canyon dans la découverte de l’Ouest Américain, Yosemite Valley est unanimement considérée comme l’un des plus beaux paysages du monde, et c’est un site géologique unique sur la planète. Mesurant 10 kilomètres de long et moins de deux kilomètres dans sa plus grande largeur, la vallée est ceinturée de falaises verticales de près de 1000 mètres de hauteurs desquelles dévalent de nombreuses cascades. L’ensemble est extrêmement impressionnant et semble sorti d’un tableau imaginaire.

Au pied des falaises s’étendent des près et des forêts, ponctués de nombreuses fleurs sauvages multicolores et parcouru par une faune remarquable, daims, coyotes et ours noirs en tête. Cerise sur le gâteau, Yosemite abrite également de large quantité de sequoias géants, aux dimensions similaires à ceux que l’on peut voir dans le parc Sequoia plus au sud.

Pour revenir un instant sur les ours, sachez que ceux du Yosemite sont plus habitués que d’autres à la présence humaine. Ils sont donc beaucoup moins frileux pour venir à votre rencontre, et particulièrement à la rencontre de tout ce qui se mange et que vous possédez (cela inclus les dentifrices, les crème solaire et autres objets que l’on n’imagine pas forcément commestibles mais qui attirent les ours par leurs odeurs). Il est obligatoire d’utiliser les moyens mis à disposition pour stocker la nourriture à l’abri des ours, faut de quoi vous risquez une grosse frayeur (voire pire) et une très grosse amende jusqu’à 5000$ !

Face à tant de beauté, et au vue de sa situation à quelques heures de San Francisco, il est inutile de préciser que Yosemite est un parc très fréquenté. Près de 4 millions de visiteurs arpentent la vallée chaque année, et lors des vacances et des weekends d’été il y a vraiment beaucoup de monde dans les zones les plus accessibles. Cela dit, Yosemite est beaucoup plus vaste qu’on ne l’imagine et en s’éloignant un peu il est toujours possible de retrouver la solitude, notamment dans ses recoins alpins ou l’on se retrouve totalement isolé, même en plein été.

Le parc se visite toute l’année, et chaque saison offre un panorama différent sur la nature, enneigé et gelée l’hiver, florissante au printemps, dorée en été.

Accéder à Yosemite : La voiture est le meilleur moyen de se rendre au parc de Yosemite, mais en été, particulièrement les weekends, le parking peut être difficile (ce qui gâche invariablement un peu la visite). Depuis la vallée de San Joaquin, trois routes mènent à la vallée de Yosemite qui constitue grossièrement le cœur du parc. La highway 120 vient de Stockton (et de San Francisco), la highay 140 de Merced et la highway 41 de Fresno. Ces trois routes sont généralement ouvertes toute l’année, mais en cas de conditions difficiles, mieux vaut miser sur la 140 ou la 41.

La seule façon d’arriver à Yosemite en transport est d’emprunter les bus YARTS qui relie le parc à Merced via la highway 140. Il faut compter 3h de trajet entre Merced et Yosemite. En été, un service similaire est mis en place entre Mammoth Lakes et le parc. Le prix du billet inclus l’entrée pour Yosemite. Il faut compter 25$ depuis Merced. Pour les infos, horaires et tarifs à jour, le mieux est de se renseigner directement sur le site www.yarts.com.

L’entrée du parc Yosemite est payante et coûte 20$ par voiture, valide pendant 7 jours. Si vous passez les entrées du parc à pied (ou en vélo) il ne vous en coutera que 10$.

A noter également que de nombreux voyages organisés sont proposés depuis les villes de la région, et notamment San Francisco. Pour ceux qui visite la ville et qui souhaite faire une excursion vers le parc, c’est une possibilité. La plupart des tours sont ce qu’ils sont, c’est-à-dire assez rapides, en groupe, et plutôt axés sur le côté sportif que sur la contemplation.

Une dernière information pratique : il n’y a aucune station-service dans le parc.

Les différents accès

Comme le parc est très touristique, la demande en hébergement dépasse largement la capacité offerte. De nombreuses villes et villages plus ou moins proches de Yosemite se sont donc déclarés « porte d’entrée » du parc. Il faut savoir que certaine « porte d’entrée » ne sont en réalité vraiment pas à côté du parc, c’est donc à prendre avec des pincettes quand vous voyez ce slogan. Il doit exister des dizaines d’endroits qui misent sur le business du Yosemite mais seuls quelques uns sont réellement pratiques. La plupart sont d’anciennes cités minières, reconverti en ville-étape. Cela dit, rien ne vaut de se loger au sein même du parc, au plus près de la nature.

Lee Vining, à l’Est : Entre début juin (parfois mi-mai) et fin octobre, on peut accèder au Yosemite par l’Est en empruntant le col de Tioga sur la route US-395. Le col culmine à plus de 3000 mètres, autant dire que c’est une petite aventure en soi. Pour suivre cet itinéraire, il faut passer par la petite ville de Lee Vining (que nous avons déjà abordé dans la partie consacrée à la vallée d’Owens). D’ici, il faut compter 2h de route pour se rendre à la vallée de Yosemite. Ce passage, quand il est possible, est le meilleur pour accéder à la partie la plus sauvage du parc, les près de Tuolumne. Il est possible de se loger directement à Lee Vining (mais il faudra dès lors faire beaucoup de route), ou bien juste avant l’entrée du parc dans l’un des campings aménagés.

Groveland et Maripose, à l’Ouest : Plus pratique que l’entrée Est, l’approche du parc par l’Ouest passe par les petites villes de Groveland et de Mariposa.

Groveland est l’étape la plus conseillée. A 60 kilomètres de la vallée de Yosemite sur la highway 120, c’est un tout petit village historique, pittoresque avec ses trottoirs en bois façon western. On y trouve plusieurs bonnes adresses (autant en matière de logement que de restauration).

Un peu plus au sud, la highway 140 traverse l’ancienne ville de la ruée vers l’or de Mariposa, également à une soixantaine de kilomètre du cœur du parc. Mariposa est également notable pour être le site de la plus ancienne prison de l’Ouest américain. On peut toujours y voir le palais de justice (toujours en activité), ainsi que la fameuse prison de 1858 (angle des rues Bullion et Fifth).

Oakhurst et Fish Cam, au Sud : Les voyageurs qui se rendent à Yosemite par l’accès Sud passent par Oakhurst puis par Fish Camp, deux bases potentielles pour la visite du parc. Oakhurst n’est rien de plus qu’une portion d’avenue bordée de motels, de fast-food et de station services. Fish Camp est un peu du même style en plus petit et le site se trouve plus près de l’entrée du parc. Aucune des deux étapes n’a l’attrait de Groveland ou de Mariposa à l’Ouest, ni même de Lee Vining à l’Est. Cela dit, d’un point de vue pratique c’est tout aussi recommandable. La vallée du Yosemite se trouve à 75 kilomètres.

La vallée du Yosemite

C’est le site majeur et celui pour lequel je vous conseil vivement de faire de grands détours. Les trois routes qui mènent au parc depuis la vallée de San Joaquin convergent sur la vallée du Yosemite, grosso modo au centre du parc national. La vallée est la partie la plus visitée du parc, et parfois il y a foule. On y trouve le Yosemite Village, qui accueil la plupart des boutiques et l’office du tourisme du parc.

Dans le Yosemite Village, il n’y a pas grand-chose d’intéressant. L’attrait provient de la nature environnante et des panoramas. Ils sont grandioses, essentiellement grâce à la présence d’immenses falaises verticales. El Capitan constitue le site unique le plus photographié et convoité du Yosemite. C’est une immense paroi de granit, l’une des plus importantes au monde, haute de près de 1100 mètres ! Evidemment, El Capitan est un lieu mondialement réputé pour l’escalade, une activité qui se réserve aux sportifs confirmés. Toutefois, regarder le site et la falaise en elle-même est déjà un beau spectacle. La roche est si grande qu’il est presque impossible de voir les grimpeurs à l’œil nu pendant la journée. La nuit, on les repère à leur lampe frontale et ils apparaissent comme des petits points lumineux suspendus dans le vide. L’autre « rocher » remarquable, qui est de renommée également au Capitaine, c’est le Half Dome. C’est la falaise la plus abrupte d’Amérique du Nord. Et pour cause, sa paroi affiche une pente de 93%. Escalader le Half Dome est une épreuve périlleuse mais il est également possible d’en atteindre le sommet en marchant. La randonnée du dome commence par le Mist Trail, un sentier humide (comme son nom l’indique) qui conduit en 5 kilomètres (avec une bonne montée) vers les chutes de Vernal. Pendant la fonte des neiges, les chutes produisent de nombreux arc-en-ciel et éclaboussent les environs en un immense spray naturel. En plein été, les chutes, comme de nombreuses dans le parc, se réduisent à un petit filet d’eau peu impressionant. En hiver, elles sont parfois gelées, offrant un spectacle totalement différent. Passé les chutes de Vernal, le Mist Trail continue et devient carrèment corsé. Au final, un escalier permet de monter tout en haut du dome arrondi et d’être récompensé par des vues dignes de ce nom. Réaliser l’ascenssion du dome en une seule journée demande un bon niveau sportif et un départ à l’aube.

De la même façon, il faudra également se lever tôt et avoir les jambes en bonne forme pour entreprendre le sentier vers Upper Yosemite Fall (10 kilomètres, dénivelé positif de 850 mètres). C’est une montée quasi continue jusqu’à des chutes puissantes de près de 500 mètres de hauteur. En chemin, les panoramas sur la vallée sont superbes. Le sentier continu ensuite pour grimper en haut des chutes où l’on profite de vues encore plus vastes. L’acsenssion se termine généralement par une pause bien méritée au bord de la rivière, avant de redescendre.

De toutes les vues sur la vallée, les plus spectaculaires sont à voir depuis Glacier Point, au sommet d’une falaise presque verticale de 1000 mètres de haut. L’intérêt de Glacier Point est qu’il est également accessible par la route, à environ 45 kilomètres depuis la vallée. Il est toutefois possible de s’y rendre à pied en empruntant le vertigineux sentier de Four-Mile Trail qui, contrairement à ce que son nom indique, serpente sur presque 5 miles (7,5 kilomètres). Il faut compter au grand minimum 3h pour gravir les 1000 mètres de dénivelé positif. Une option est de monter en bus (navette gratuite depuis le parking du Yosemite Village) jusqu’à Glacier Point pour ensuite pouvoir redescendre par le sentier. Attention, la descente n’est pas forcément plus facile que la montée, il faut le savoir. Depuis le point de vue, la vallée du Yosemite s’étend littéralement en contrebas, avec le décor fabuleux du Half Dome est des sommets enneigés de la High Sierra dans le prolongement. C’est un site absolument splendide.

Le reste du parc du Yosemite

La vallée est le site qui attire les visiteurs dans le plus vieux parc naturel protégé du monde. Pourtant, le Yosemite s’étend bien au-delà de sa principale merveille et, même si la comparaison est difficile, son intérêt ne se dément pas de bout en bout.

Mariposa Grove, près de l’entrée sud du parc, est la plus belle et la plus grande concentration de sequoias géants dans le Yosemite. On y accède par un sentier en boucle d’environ 4 kilomètres, assez facile. L’arbre emblématique de Maripose Grove est le Grizzly Giant, un monstre de 75 mètres de haut qui aurait plus de 2700 ans. Pour ceux qui n’ont pas l’occasion de se rendre au parc national de Sequoia, ce secteur du Yosemite est un complément incontournable de la vallée.

Sur les flancs Est du parc, Tuolumne Meadows (ou les près de Tuolumne) est un site à l’atmosphère bien différente du reste du parc et de la vallée. Tuolumne, du fait de son altitude élevée, est une portion du parc qui n’ouvre qu’en été, soit de juin à octobre. On est ici à plus de 2600 mètres d’altitude, nez-à-nez, ou presque, avec les pics enneigés des montagnes voisines. L’air pur, les fleurs sauvages (surtout au début de l’été) et les paysages de cette région sont à découvrir. Il faut noter que dans ce recoin du parc, la foule qui se presse dans la vallée se réduit bien souvent à une poignée de randonneurs et la sensation d’immersion dans la nature y est bien plus grande. Tuolumne est également le point de départ logique pour les grandes randonnées dans les recoins sauvages et non exploités du Yosemite. Il existe des centaines de kilomètres de sentiers qui partent dans la Sierra Nevada. Je vous rappel qu’il convient d’être préparé (un minimum), particulièrement pour ceux qui veulent passer une, ou plusieurs nuits sur les sentiers. L’obtention d’un permis auprès de l’office du tourisme du parc (au moins 24 heures à l’avance) est obligatoire dans ce cas. Le permis est payant (5$) et il est distribué en nombre limité. Une dernière chose, ne pas oublier les précautions contre les ours… ils sont parfois aussi nombreux que les randonneurs sur ces sentiers isolés.

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