Oakland, Californie

Grande ville de près de 415.000 habitants, Oakland possède une mauvaise réputation dans le pays. Pourtant, la ville n’apparaît pas foncièrement violente, même si elle l’est selon les statistiques. En réalité, comme c’est souvent le cas, les problèmes sociaux se concentrent dans une poignée de quartiers où vivent les populations les plus pauvres. De ce fait, les touristes que nous sommes ont peu de chance d’y avoir des problèmes.

Colonne vertébrale du milieu ouvrier dans la Bay Area, et l’un des plus grands ports de la côte Ouest américaine, Oakland a toujours été une ville rude. Elle a également connue les bases de nombreux mouvements politiques révolutionnaires et identitaires. Parmi ceux-ci, on peut citer les Black Panthers et la Symbionese Liberation Army, deux mouvements extrémistes fondés dans les années 1960 et 70. Cette dernière s’était rendue célèbre (même si elle l’est moins que les Black Panthers) par le kidnapping de Patty Hearst, héritière de l’empire Hearst (médias). C’est une histoire totalement rocambolesque, et violente, que cet enlèvement. Patty Hearst fut enlevée chez elle, dans un appartement de Berkeley, alors qu’elle était étudiante à l’université. En échange de sa libération, la SLA demanda que deux de ses membres arrétés soient eux-même libérés. Comme cela était impossible pour la famille Hearst, la demande se transforma en rançon. Contre la libération de Hearst, sa famille devait financer plusieurs millions de dollars de nourriture qui serait distribuée aux pauvres. La distribution eu lieu mais elle due être organisée car cela créa des émeutes dans la région. Au final, Patty Hearst ne fut pas libérée et on l’a trouva impliquée dans les actions du groupe, notamment lors d’un braquage de banque auquel elle participa. Plus tard, à son jugement, on lui accorda le bénéfice du syndrome de Stockholm.

Concrétement, vous ne douterez pas vraiment de l’esprit frondeur d’Oakland en la traversant. Il n’y a pas grand-chose à voir et ce n’est pas une ville très touristique, même si de nombreux restaurants de cuisines du monde méritent d’être signalés. La principale attraction de la ville est le Jack London Square, en bord de mer (de baie, plus exactement). Ce n’est ni plus ni moins qu’un centre commercial aseptisé, qui n’a rien à voir avec l’auteur Jack London, à part le nom. Les amateurs de l’auteur de Croc-Blanc et Martin Eden (entre autre grands romans) peuvent se rendre à l’Est de la promenade maritime (dirigez vous vers le petit building en verre) où l’on trouve le Heinhold’s First and Last Chance Saloon. Sous ce nom étonnant se cache un petit bar construit en 1883, où Jack London avait ses habitudes, comme en témoignent les photographies affichées. C’est une charmante adresse, avec sa petite cabane en bois et sa terrasse sous les palmiers. C’est aussi le seul site véritablement lié à l’auteur, de près ou de loin, sur l’ensemble de Jack London Square.

En remontant au nord et en suivant Broadway depuis le front de mer, on passe sous l’autoroute 880 pour atteindre le Downtown d’Oakland. Restauré et redeveloppé, le centre-ville n’est pas désagréable. Ce sont essentiellement des bureaux, mais on y trouve quelques boutiques de grandes chaînes et le vaste City Center, partiellement piéton, qui abrite des bureaux et des restaurants (principalement fast-foods). Un peu en retrait, la 8e et la 9e rue sont intéressantes, pour leurs commerces et l’architecture historique. Selon les rues, l’ambiance se dégrade parfois, il faut donc faire preuve de bon sens si vous marchez dans le quartier (et éviter la nuit).

A l’Est du centre, le Museum of California est le musée le plus visité de la ville (entrée payante, gratuite chaque premier dimanche du mois). Il traite de la Californie dans ses grandes lignes, son histoire, sa géographie, ses grandes figures. Derrière le musée, le grand lac Merritt est un site agréable, notamment au niveau du parc de Lakeside où l’on a de belles vues sur les tours de la ville.

Jack London est l’enfant chéri d’Oakland, mais il n’est pas la seule célébrité de la cité. Toutefois, la plupart des grands noms ont surtout essayé de ne pas trop faire valoir leurs origines, voire de dénigrer la ville. On peut citer Gertrude Stein dans cette catégorie, qui bien entendu ne possède pas de place ni de rue à son nom ! Oakland est rancunière. On n’en attendait pas moins de cette ville au fort caractère.

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