Tucson & autour, Arizona

Tucson Arizona

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Population : 526.200 (agglomération : 843.170)

Phoenix est souvent perçu comme un monstre urbain assez inhumain. Tucson à l’inverse est généralement beaucoup moins intimidante et apparaît plus agréable, quoiqu’elle s’étende également à perte de vue au cœur du désert. La deuxième ville de l’état, dont le nom se prononce toussone, se situe à la limite nord du désert de Sonora, dans un bassin entouré de pas moins de cinq chaînes de montagnes, à moins de 100 km au nord de la frontière mexicaine. Un site naturel splendide et un soleil qui brille quasiment en permanence ont permis à Tucson de devenir une destination touristique recherchée. L’ensoleillement est incontestablement l’un des traits emblématiques de la région. Vous êtes ici dans la région habitée la plus ensoleillée du monde (le titre de la ville qui reçoit le plus de soleil chaque année revient à Yuma, une ville du désert située à la frontière de la Californie). Évidemment cela attire une population de touristes bien particuliers, que l’on appelle ici les snow birds. Ces oiseaux des neiges sont généralement des retraités qui viennent passer l’hiver au chaud et au soleil en quittant leurs régions du nord.

Tucson est certainement l’une des villes les plus agréables du sud-ouest américain, ce qui soyons honnête ne signifie pas grand-chose dans une région où les villes sont généralement gigantesque et sans âme. La ville n’évite pas le phénomène d’étalement urbain propre à la région, mais elle compense avec un quartier historique attrayant et un petit centre-ville compact riche en restaurants et en boutiques, animés par les quelque 35.000 étudiants de l’université de l’Arizona qui se trouve ici. Bien entendu, le cadre naturel grandiose qui se trouve aux portes de la ville lui confère un attrait supplémentaire, notamment la montagne Lemmon où les paysages extraordinaires du Saguaro National Park.

L’histoire coloniale de Tucson remonte aux années 1770 lorsque la résistance des tribus amérindiennes locales, les Tohono et les Pima, ont contraint les Espagnols à établir leur presidio (ou leur forteresse, sorte de quartier général) sur le site de la ville. Ils étaient auparavant installés dans la proche région de Tubac.

La plupart des sites d’intérêts de la ville se concentrent autour du campus de l’Université de l’Arizona et de ses quartiers historiques du centre, principalement le Barrio et El Presidio.

El Presidio occupe le secteur où les missionnaires catholiques espagnols ont construit leur forteresse au 18e siècle. Il ne reste pas grand-chose de cette époque, mais les constructions en adobe existantes (typiques du sud-ouest) ont été restaurés et convertis en restaurants, en cafés, en galeries d’art, en B&B ou en commerces.

Les constructions les plus emblématiques d’El Presidio sont réparties dans un secteur nommé Historic Block (le pâté de maisons historique) et font partie intégrante du Tucson Museum of Art. Parmi ces bâtiments historiques le plus remarquable est la J. Knox Corbett House, création du début du 20e siècle, œuvre d’un architecte de Chicago. La demeure se caractérise par son style Mission, ses murs blanchis, ses cours et sa relative sobriété. L’excellent musée abrite également une vaste collection d’objets précolombiens.

À côté du musée, la Pima County Courthouse, le tribunal de comté, construit en 1927, est un bon exemple d’un style architectural caractéristique de la région, le style nouveau Colonial Espagnol.

La cathédrale de St Augustine, reconnaissable à son imposante façade en grès, se trouve au sud-ouest du Presidio. Commencée en 1896, elle fut modelée d’après la cathédrale de style colonial qui se trouve à Querétaro dans le centre du Mexique.

Le quartier du Barrio (ou El Barrio Historic District) se trouve un peu plus loin vers le sud. C’était autrefois un quartier d’affaires. Aujourd’hui, c’est le quartier historique le plus charmant de Tucson. Ses rues calmes sont bordées de maisons en adobe peintes de couleurs vives. Sur la rue de Main Street se trouve la wishing shrine (la relique des vœux) d’El Tiradito. Ici, un jeune fut tué des conséquences d’un triangle amoureux. Une croyance locale prétend que si une bougie brûle ici en une nuit alors le vœu de celui qui l’allume se réalisera.

L’un dans l’autre, la cathédrale mexicaine, la relique des vœux, l’aspect du Barrio, tout cela ne fait que rappeler que le sud de l’Arizona n’est ni plus ni moins qu’une prolongation du Mexique, au grand dam de ses habitants.

Le campus de l’Université de l’Arizona, aux portes de Downtown, contient plusieurs musées. Le plus réputé est sans conteste l’Arizona State Museum. Ses collections couvrent près de 2000 ans d’histoire amérindienne sur les traces des tribus du Sud-ouest américain. Il est également possible de déambuler librement au sein du campus, comme dans toutes les universités du pays.

Sortie de Downtown, la métropole de Tucson étend ses immenses banlieues dans chaque direction du désert qui l’entoure vers les chaînes de montagnes voisines. Ces grandes banlieues classiques de l’Amérique moderne n’ont pour ainsi dire aucun intérêt touristique, mais elles forment un paysage sociologique et parfois architectural très intéressant. Dans certains quartiers on peut voir de superbes maisons, sur des jardins désertiques, la plupart équipés d’une belle piscine. Difficile de ne pas s’interroger sur ce mode de vie, aussi agréable qu’il puisse paraître, dans cet environnement où l’eau est particulièrement rare.

À environ 20km à l’ouest de l’université se trouve le fantastique Arizona-Sonora Desert Museum (le long de Speedway Boulevard). Moitié zoo, moitié jardin, ce musée entièrement consacré au désert de Sonora se trouve dans le parc des montagnes de Tucson. Les expositions intérieures, qui incluent une mine et une cave, mettent en lumière l’histoire et la géologie locales. Une série de cages vitrées accueillent de charmants hôtes du désert comme les tarentules ou encore les serpents à sonnettes. Dans les enclos extérieurs, reliés entre eux par un chemin, vivent des mouflons, des pumas ou encore le plus majestueux des habitants du désert, le jaguar. Ce félin impressionnant est très rare à l’état sauvage. Les enclos reproduisent le milieu naturel qui les entoure. Parmi les animaux, les plus fascinants sont certainement les chiens de prairies. Ces petits chiens sauvages forment une famille très soudée, dirigée par un leader, dont les journées sont rythmées par une série d’actions répétées inlassablement (et qui consiste le plus souvent à suivre un sentier jusqu’à un point d’eau). Des faucons et des bald eagle, oiseau emblématique de l’Amérique, volent dans leur propre enclos. La totalité des animaux du Desert Museum a été secourue après une blessure et serait incapable de vivre à l’état sauvage en dehors du parc.

Proche du musée se trouvent les studios de Old Tucson. Ce parc d’attractions sur le thème de l’ouest sauvage était à l’origine (en 1939) un décor pour les films hollywoodiens. De grands westerns y ont été tournés, dont Bataille à OK Corral.

Au sud de Tucson se tient la plus ancienne et la mieux préservée de toutes les Missions du Sud-ouest américain, San Xavier del Bac. Les missions étaient les premières églises établies dans la région par les missionnaires espagnols. La mission actuelle de San Xavier del Bac fut ainsi construite en 1797 par des missionnaires franciscains. Surnommée la « Colombe Blanche », elle est construite en adobe et est considérée comme l’un des plus beaux exemples d’architecture coloniale espagnole aux États-Unis (en réalité un mélange de styles assez harmonieux). Il ne faut pas manquer d’admirer sa façade sculptée en bois.

À l’extérieur de la ville, parfois aux portes d’un lotissement de villas modernes, la nature reprend totalement ses droits et l’on peut dès lors découvrir les merveilles du désert. Le Mont Lemmon, le plus haut sommet de la région avec une altitude de 2790 mètres (il est enneigé en hiver), se trouve au nord de Tucson (on peut le visiter en suivant une route panoramique), tandis qu’à l’est et à l’ouest la ville est cernée par le Saguaro National Park.

Le parc offre la possibilité unique de parcourir une étrange forêt désertique peuplée de ces fameux saguaros. Les saguaros sont des cactus facilement reconnaissables à leurs multiples branches. Ils peuvent vivre très vieux et les cactus âgés de 150 ans peuvent peser jusqu’à 8 tonnes et mesurer plus de 15 mètres. Ces silhouettes sont de véritables emblèmes des déserts du sud-ouest et pourtant, malgré une croyance populaire, les saguaros sont des plantes rares que l’on ne trouve que dans le désert de Sonora, particulièrement concentré ici dans le parc. Les parties ouest et est du parc sont dans l’ensemble assez similaire et aussi riche l’une que l’autre en saguaros et en beaux paysages. Cela dit, la partie ouest est la plus visitée. Il est difficile d’y faire de grande randonnée et en été la chaleur est proprement intenable. Il faut souvent se contenter d’une pause photo aux pieds d’un grand saguaro, mais cela vaut déjà le détour.

Au nord de Tucson, à environ 50km sur la Highway 77, un étrange bâtiment surgit des paysages minéraux. Il s’agit de Biosphere 2. Construit en 1991, le complexe compte cinq biodômes, reproduisant les grands écosystèmes que sont la forêt pluviale, les marais, la savane, le désert et l’océan. Ces mini environnements ont été produits sur le modèle de la Biosphère 1, la Terre tout simplement. Ils ont été peuplés telle une arche de Noé moderne avec près de 4000 espèces de plantes et d’animaux. En septembre 1991, 8 scientifiques, appelés les Biosphèriens, ont été enfermés dans la Biosphère 2 afin d’y vivre en isolation totale pendant… deux ans !

Deux ans plus tard l’expérience fut un succès, mais pour le moins teinté d’ironie. À la sortie des scientifiques, on a pu observer que pour survivre ils ont transformé la forêt vierge (qui était censée le rester) en y plantant des bananiers et des papayes, ils avaient détruit une bonne partie de l’environnement désertique et l’océan était devenu pollué. Pendant l’expérience, Biosphère 2 était l’attraction majeure de l’Arizona, juste derrière le Grand Canyon. Désormais qu’il n’y a plus personne d’enfermé à l’intérieur, la Biosphère 2 (qui fait désormais partie de l’Université de Columbia) est devenue plus anecdotique. Ceux que ça intéresse pourront tout de même s’y rendre pour prendre part à un tour guidé du complexe et découvrir l’histoire de cette intrigante expérience relativement méconnue.

Dans la région au sud de Tucson, à environ 80km le long de la I-10 puis de la route 90, le Kartchner Caverns State Park est un site particulièrement méconnu mais très impressionnant. Il abrite une immense grotte dont la découverte ne remonte qu’aux années 1970. Avant qu’elle ne soit révélée au cœur du désert, on estime que la grotte n’avait jamais été contemplée par les hommes. Entrée du parc payante (6$ par voiture), visite guidée de la grotte payante (23$ par personne). Parc ouvert tous les jours de 7h30 à 18h mais dernière visite guidée de la grotte à 16h40.

Enfin, à l’ouest de Tucson (1h de route), au milieu de nulle part et niché dans un décor minéral hypnotisant fait de collines plantées de petits arbustes et ponctuées de rochers, l’Amerind Foundation est l’un des musées archéologiques et ethnographiques parmi les plus importants du pays. Son nom vient de la contraction des mots americans (américains) et indians (indiens) et ses collections illustrent la vie des populations amérindiennes à travers des milliers d’objets provenant de nombreuses tribus aux cultures différentes.La partie du musée dédiée aux arts, l’Amerind Art Gallery possède une belle collection d’œuvres d’art de l’ouest dont de nombreuses pièces de l’emblématique Frederic Remington, bien connu pour ses peintures de cowboys et d’Indiens.Le site est également intéressant en lui-même pour son architecture caractéristique du style nouveau colonial espagnol avec ses bâtiments roses de type hacienda, et pour son cadre naturel absolument superbe. De quoi faire une belle étape et se balader un peu au milieu de cette nature unique.Attention le site est fermé le lundi, et comme c’est un peu paumé mieux vaut se renseigner sur une éventuelle fermeture exceptionnelle avant de s’y rendre (sur le site www.amerind.org).

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