Navajo Nation, Arizona

Navajo Nation Arizona

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La petite ville de Window Rock (population : 2.710), sur la frontière avec le Nouveau-Mexique, est le centre administratif (ou capitale si vous préférez) de la vaste région entièrement sous l’autorité de la tribu des Navajos et appelée Navajo Indian Nation ou tout simplement Navajo Nation, ou encore le pays des Navajos (là, c’est moi qui invente, je le reconnais). Il s’agit de la plus grande réserve amérindienne du Sud-ouest américain. La ville ne ressemble pas à grand-chose et en traversant la région sur la Highway 264 on ne la voit même pas. Il faut sortir sur la route 12 pour entrer dans Window Rock et par la même occasion découvrir son seul attrait, le rocher qui lui donne son nom. Il s’agit d’une grande arche, en forme de fenêtre ronde, creusée par la nature dans une falaise de gr­­­­ès. Le site servait autrefois de lieu pour les cérémonies traditionnelles. Désormais, c’est une balade et un site de pique-nique pour les locaux et visiteurs.

Le Navajo Nation Museum, dans Window Rock, est le meilleur endroit pour s’informer sur la culture Navajo dans la réserve. C’est l’un des plus grands musées consacrés aux Amérindiens dans le pays. Une bonne étape si vous comptez explorer en détail le pays Navajo ou tout simplement si vous avez un intérêt pour ce peuple dont le territoire occupe tout de même une bonne partie du nord-est de l’Arizona et s’étend sur l’Utah et le Nouveau-Mexique.

Le pays Navajo est plus vaste que 10 des 50 états des USA. Sa population approche les 350.000 personnes, parmi lesquelles les deux tiers ont moins de 25 ans. Pour tout dire, c’est un drôle d’endroit, à la fois très américanisé (on reste aux USA, les routes sont les mêmes, l’aspect général ne diffère pas vraiment des régions voisines) et en même temps avec quelque chose de différent. Aussi connues que soient les Navajos, leur région n’est absolument pas touristique dans sa quasi-totalité (les motels sont rares), hormis les exceptions (très) notables du passionnant Canyon de Chelly et du légendaire site de Monument Valley, qui symbolise l’Ouest américain dans le monde entier.

Un autre fait marquant de la nation Navajo est sa pauvreté, le plus souvent apparente. Pauvreté aussi bien matérielle qu’intellectuelle. Ici, le sens du mot réserve prend tout son sens. Car c’est ce qu’il faut quand même comprendre, aux USA les Amérindiens, s’ils sont aujourd’hui source d’intérêt et de respect pour les visiteurs, ont été chassés de leurs terres puis parqués dans des réserves, à l’écart du système général du pays. La réserve Navajo est assez symbolique. Ses ressources en eaux sont minimes et presque la totalité de son terrain est une steppe aride où rien ne pousse et où le bétail peine à survivre. Un bétail qui a fait disparaître les plantes grasses endémiques qui recouvraient auparavant la région.

Les paysages de la nation Navajo ont l’air typique de l’Ouest américain, mais ils ne le sont pas, de la même façon que les fameux tumbleweed (ces boules de broussailles qui roulent toutes seules poussées par les vents du désert). Ces paysages sont dus aux hommes.

Les Navajos étaient, à l’origine, un peuple nomade. Cela reste assez palpable. Les quelques petites villes de la région ne sont toujours que des amas de camping-cars déglingués et de caravanes usées. L’environnement urbain y est rude, froid en hiver, brulant en été, sans grand confort.

Une seule journée dans la réserve permet de se rendre compte qu’il s’agit d’un recoin à part en Amérique. En vous arrêtant dans un commerce, un restaurant (pour goûter la spécialité locale, le taco Navajo) ou tout simplement en écoutant la radio, vous êtes sûr d’entendre parler la langue Navajo. Ce langage bien particulier est connu pour avoir été utilisé durant la Seconde Guerre mondiale. En effet, son immense complexité (on dit que c’est impossible à apprendre) a permis d’en faire un code militaire incompréhensible pour l’ennemi.

Alors, faut-il explorer la nation Navajo ? Bien entendu, pour les sites du Canyon de Chelly et de Monument Valley, qui sont dans tous les cas des incontournables de la région. Pour le reste, il s’agit plus d’un voyage d’intérêt sociologique. Toutefois, à mon avis, c’est parfois un peu triste et les paysages, quoiqu’ils gardent tout le mystère et la grandeur des déserts de la région, ne sont pas des plus remarquables.

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