Lancaster County, le Pays Amish, Pennsylvanie

Lancaster County, Amish, Pennsylvanie

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Très certainement l’une des régions rurales les plus visitées du pays, le comté de Lancaster se trouve à 50 miles (75 km) environ à l’ouest de Philadelphie. Il s’étend sur une distance de près de 45 miles (soit 65 kilomètres) entre Churchtown à l’est et la rivière Susquehanna à l’ouest. Dans le passé, la petite ville assoupie de Lancaster City (population 60.000), 15 kilomètres à l’est de la rivière, fût la capitale de la nation. Une heure de gloire véritablement éphémère puisque cela n’a duré… qu’un seul jour, en septembre 1777. Ce n’est évidemment pas ça qui fait du comté de la ville un site remarquable aujourd’hui mais plutôt ses habitants. En effet se regroupe ici un ensemble de communautés religieuses et agricoles, connues sous le nom des Pennsylvania Dutch.

Ce terme signifie littéralement les « hollandais de Pennsylvanie ». Un nom tout à fait erroné puisque ces communautés n’ont rien à voir avec la Hollande mais il s’agit en réalité d’une déformation du mot Deutsch qui signifie Allemand. L’origine de ces communautés remonte au 16e siècle où un mouvement appelé les Anabaptistes fût fondé par un certain Menno Simons dans ce qui est aujourd’hui la Suisse. Son interprétation littérale de la Bible, sans aucun égard pour les religions existantes, conduisit le mouvement vers la persécution (un grand classique de l’époque) et c’est donc ici que les Anabaptistes croisent la route d’un certain William Penn. En effet, comme nous l’avons vu, Mr Penn prenait très à cœur le principe fondateur de sa nouvelle colonie, la liberté individuelle et religieuse. Dans les années 1720 il invita donc fort logiquement les Anabaptistes à venir s’installer en Pennsylvanie et plus particulièrement dans la région de Lancaster.

Aujourd’hui les Anabaptistes se sont dissociés en une vingtaine d’ordres différents. Le plus célèbre et le plus ancien est l’ordre des Amish. Les Amish sont les habitants les plus connus du Lancaster County, notamment car leur culture a inspiré bon nombre de films et de livres populaires aux Usa. Il faut noter que les Amish avaient déjà fait scission de l’ordre originel des Anabaptistes et de Menno Simons dès la fin du 17e siècle et donc bien avant de venir s’installer en Amérique. C’est l’ordre le plus strict, régi par une série de règle qui ne repose sur aucun écrit mais uniquement sur une transmission culturelle. Les hommes portent un large chapeau et la barbe (mais pas de moustache, considérée comme un signe militaire). Les femmes arborent un bonnet et des tabliers très sobres (le plus simples possibles, sans effets de mode comme… des boutons). Hommes et femmes s’habillent de façon très modeste. Les Amish refusent l’utilisation de l’électricité, en dehors de quelques générateurs pour faire fonctionner leurs fermes, et d’une façon générale toute forme de modernité. Ils se déplacent sur les routes du comté dans des attelages en bois tirés par des chevaux. En dépit de leur isolement et de leur mode de vie, les Amish ne sont pas totalement en dehors de la société américaine et dans la pratique ils sont en fait beaucoup moins isolés que bon nombre de paysans de l’Europe. Ils sont secrets mais ne refusent pas le contact avec les personnes extérieures à leur ordre et s’avèrent même le plus souvent assez accueillant. Il convient toutefois de respecter quelques règles comme celui de ne pas les prendre en photo car les « images » sont contraires à leurs croyances. Aux côtés des Amish on trouve les Mennonites (qui est plus ou moins la continuité de l’ordre originel des Anabaptistes et de Menno Simons), plus libéraux, et les Luthériens considéré également comme plus libéraux. Pour l’œil inexpérimenté il n’est pas toujours facile de reconnaître qui est qui (si ce n’est que les Luthériens tracent des signes colorés sur leurs fermes).

Aux Usa et dans le reste du monde c’est le succès hollywoodien « Witness », film avec Harrison Ford, qui a popularisé les Amish. Toutefois le Lancaster County était déjà un haut lieu touristique dans le pays avant la sortie du film. Malgré sa fréquentation le comté a conservé son cadre naturel fait de petites colines et de campagnes souriantes. Un peu partout s’étendent des exploitations agricoles fertiles et sur le bord des routes de petits magasins d’artisanat ou de produits maisons (confitures, tartes). Des écoles rurales, des fermes richement fleuries et d’une façon générale la vie locale sortie tout droit de la Petite Maison dans la Prairie donne au comté de Lancaster une façade très idyllique.

Une façade et un paysage qu’il convient d’apprécier à sa juste valeur. Soyez averti, ceux qui voudront explorer et découvrir plus en profondeur les cultures locales risquent d’être parfois déçus. En effet, le succès touristique du Pennsylvania Dutch County est tel que nombre de communauté ont cédé à la tentation capitaliste (nous sommes en Amérique rappelons-le) en monnayant leur mode de vie. Ne soyez pas surpris de voir que l’on vous demande une « donation » pour prendre une photo, monter dans une carriole en bois ou assister à un morceau de vie « locale ». Sans avoir perdu en charme le Lancaster County n’est certainement plus aussi authentique qu’il a pu l’être. Les communautés les plus strictes ont depuis longtemps déménagés vers des régions moins fréquentées, en Indiana ou dans l’Iowa. Il n’empêche qu’il est inutile de foncer tout droit vers ses lieux plus authentiques car vous n’y trouverez que des portes closes.

Visiter le Lancaster County

Tout d’abord il faut s’y rendre. Pour cela le mieux est évidemment de posséder une voiture. On peut accéder au Lancaster County via l’autoroute payante Pennsylvania Turnpike ou via la route US-30 qui est beaucoup plus scénique. Les trains de la compagnie Amtrak (trains longues distances) desservent la gare de la ville de Lancaster mais bon une fois sur place pour se déplacer il vous faudra… une voiture. De toutes façons aux Usa vous aurez beau prendre le problème par tous les bouts, vous en reviendrez toujours à la même conclusion : il faut une voiture. Le Pennsylvania Dutch Convention and VIsitors Bureau (l’office du tourisme donc) se trouve sur la route US-30. C’est une bonne source d’information sur la région et ses particularités ainsi que sur les hébergements. Toujours sur la route US-30 le Mennonite Information Center n’est pas vraiment un office du tourisme mais plutôt un centre d’accueil pour les touristes à la découverte de la communauté Mennonite. Pas très utile dans l’absolu si ce n’est pour organiser une nuit dans une famille Mennonite de la région. Il faut les contacter à l’avance pour organiser cette expérience. Sachez toutefois que tout ceci est bien rodé et que cela revient plus à passer une nuit dans un B&B traditionnel qu’autre chose.

Ensuite il faut trouver un hébergement, et ce n’est pas toujours facile car le Lancaster County est pris d’assaut à certaine période de l’année. Il n’est pas forcément nécessaire de passer une nuit dans la région mais cela vous permettra de prendre plus de temps sur les petites routes et surtout de profiter d’un bon hôtel ou B&B. Les gîtes ruraux sont également nombreux, chez des Amish ou autres. Il faut se renseigner à l’office du tourisme officiel pour obtenir la liste. Comme bonne adresse je peux vous conseiller le Village Inn and Suites. C’est un B&B chic et traditionnel, bien confortable et très bien situé en pays Amish dans le village au nom rigolo de Bird In Hand (l’oiseau dans la main).

En parlant de noms marrants, vous découvrirez rapidement que c’est un peu une spécialité locale. Dans un pays où les noms sont très génériques, le Lancaster County compte au moins deux curiosités, à savoir les villes de Bird In Hand et surtout d’Intercourse. En anglais Intercourse signifie littéralement « relation sexuelle ». Vous vous en doutez, les américains, qui ne perdent pas une miette de marketing, ont donc inventé tous les souvenirs possibles dans cette ville et surtout nombreuses cartes postales avec tous les jeux de mots imaginables. Dans l’absolu le nom de la ville est on ne peut plus bateau, car elle se trouve tout simplement au croisement de deux grandes routes. Sachez en outre que vous pourrez également vous rendre à Strasburg et même y emprunter un vieux train à vapeur dont la destination n’est autre que Paradise (le Paradis). Ce dernier village n’est toutefois pas aussi riche en plaisirs célestes que son nom pourrait le laisser croire !

Pour explorer le Lancaster County, rien ne vaut d’emprunter les petites routes un peu au hasard. Les tours guidés et les différents musées présentent la région sous un angle historique et permettent d’avoir une bonne approche culturelle mais généralement ils ne reflètent pas la réalité de la vie Amish mais plutôt la vie Amish telle qu’elle est perçue par le reste des américains. Evidement le mot Amish est utilisé à toutes les sauces et le folklore est largement exploité sous tous ses angles mais le Lancaster County possède ceci d’exceptionnel (surtout aux Usa) qu’il ne s’agit pas d’un musée et pour s’en rendre compte il faut se balader au milieu des ruisseaux, le long des champs de tabac, au cœur de cette douce campagne qui semble vivre très loin de la folie des grandes agglomérations américaines. Notez toutefois que rien ne vous garantit lors d’un séjour en pays Amish de découvrir véritablement les Amish. Il s’agit d’une population d’authentiques fermiers et producteurs agricoles (pour la plupart) et la majorité ne prête pas tellement attention aux touristes (à l’image finalement de nos bonnes vieilles campagnes). Le dimanche vous pourrez y voir des rassemblements devant certaines fermes. Il s’agit d’un rituel qui consiste à se rassembler pour socialiser entre familles. Le dimanche toujours est aussi le jour de la messe (qui est dite en vieil allemand, ou Haut Allemand) mais inutile de penser y participer comme pour un gospel de Harlem.

En ce qui concerne les musées il n’y en a aucun qui soit véritablement incontournable mais ils permettent de découvrir les cultures locales et l’histoire de la région. L’Ephrata Cloister (situé à Ephrata, logique, entrée payante) sur la route US-272 est une reproduction d’un cloître d’immigrés allemands protestants du 18e siècle qui avait notamment la particularité d’être une sorte de maison d’édition de la première heure. Une tradition qui perdure toujours ! Un peu plus au sud, à proximité de Lancaster City, le Landis Valley Museum (Kissel Hill Road, entrée payante) est un écomusée historique qui reproduit la vie rurale des communautés locales. Egalement des démonstrations d’artisanats comme souvent dans ce genre de musées.

Manger dans le Lancaster County

La nourriture est l’un des grands plaisirs du Dutch County. Elle est (le plus souvent) bonne, (toujours) d’inspiration allemande et surtout servi généralement en quantité (absolument) gigantesque. Les Amish ne possèdent pas de restaurants, ce qui serait contraire à leur style de vie (sans électricité par exemple). En revanche ils installent régulièrement des stands sur le bord des routes du comté devant leur ferme pour vendre leurs produits (confitures, tartes, pains…). Comme il y a plus de 5000 fermes dans la région, vous aurez de quoi découvrir la production locale ! L’une des spécialités du coin sont les immenses restaurants à volonté qui se trouvent sur les routes US-30 et US-340. De loin ils n’ont pas l’air très authentique. De près, ils ressemblent même carrément à de bons attrapes touristes avec leurs décorations rustiques en carton-pâte et leurs employés costumés. Toutefois dans la pratique ce n’est pas si mal. La nourriture y est bonne et les prix très doux. On s’installe à de grandes tables communes et on attend que défile des montagnes de nourriture dans notre assiette (poulet frit, saucisses, fromage, maïs, jambon fumé…) jusqu’à ne plus pouvoir rien avaler ni même se déplacer. Le tout est fréquenté exclusivement par des touristes (il faut dire que les locaux ne vont pas au restaurant) et il est inutile d’espérer trouver une porte ouverte après 20h ! Lancaster City, bien qu’elle soit la ville principale de la région avec ses petits buildings n’est pas beaucoup mieux lotie donc il est inutile d’espérer y trouver des horaires plus larges (en dehors de quelques diners). En pays Amish l’électricité n’est pas commune et la vie s’adapte au rythme du soleil.

Harrisburg, Pennsylvanie

Harrisburg, Pennsylvanie

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Population : 49.530 (agglomération : 383.000)

Même si cela ne saute pas immédiatement aux yeux, la ville provinciale d’Harrisburg est en réalité la capitale de la Pennsylvanie. C’est très fréquemment le cas aux Usa que la capitale d’un état où se trouve plusieurs grandes agglomérations (Philadelphie et Pittsburgh en l’occurrence) soit une petite ville. Il s’agit d’une décentralisation des pouvoirs et bien souvent d’un moyen de préserver le lien économique en dehors des grandes villes. La cité se trouve sur les rives de la rivière Susquehanna, à environ 45 kilomètres au nord-ouest de Lancaster City et à 170 km de Philadelphie. Comme finalement pas mal de petites capitales politiques à travers le pays, Harrisburg n’est pas une vraie ville touristique (l’office du tourisme n’est même pas ouvert aux visiteurs !) mais c’est une ville plutôt sympathique (toutes proportions gardées cela va de soi). L’architecture coloniale de ses vieux quartiers, sa promenade le long de la rivière, se musées et son Capitole d’état en font une étape recommandable pour qui se trouve dans la région. D’autant que c’est une assez bonne base pour rayonner dans le Lancaster County au sud (où les hébergements sont nettement plus chers) et pour visiter à proximité la ville du chocolat, Hershey. Je ne doute pas que peu de touristes (surtout étrangers) feront le détour pour s’y rendre mais si vous passez dans le coin… on ne sait jamais.

Harrisburg est également le site de la centrale nucléaire de Three Mile Island. Vous allez me dire que ce n’est surement pas son principal attrait, certes, mais vous entendrez surement parler de son histoire si vous êtes de passage à Harrisburg. En 1979 l’un des réacteurs de la centrale a subi un dysfonctionnement et à partiellement fondu. A priori il n’y a pas eu de dommage lié à cet accident (même si cela est largement contesté). Le plus cocasse en réalité concerne la suite de l’histoire car la centrale fût remise en fonctionnement 6 ans après l’accident mais dans un relatif secret. L’annonce de sa réouverture a été faite bien des années plus tard, à la grande surprise de beaucoup de locaux qui pensaient donc la centrale fermée, et autant vous dire que la surprise n’a pas été du gout de tous le monde. Difficile de manquer la centrale si vous allez vers l’est de la ville le long du fleuve. Près de la centrale, un panneau vous en raconte l’histoire détaillée (au cas où ça intéresse quelqu’un).

Pour le visiteur, le principal attrait d’Harrisburg est certainement le Capitol. Situé sur 3rd et State Street, le Capitol de la Pennsylvanie est, comme souvent, un édifice assez spectaculaire au niveau de son architecture (à défaut d’être très spectaculaire au niveau de son efficacité administrative). Son style renaissance assez grandiose et son dôme probablement inspiré de la cathédrale Saint Pierre de Rome casse la monotonie des quelques gratte-ciels basiques du centre-ville d’Harrisburg. Il est possible de découvrir le bâtiment gratuitement en prenant part à une visite guidée. Tout proche, à l’intersection de 3rd et North Street, le State Museum of Pennsylvania est le classique musée d’état que comptent toutes les capitales américaines. L’entrée est gratuite (ouverture tous les jours sauf le lundi et le dimanche matin) et l’on y trouve un planétarium ainsi que diverses expositions (objets archéologiques locaux, vestiges militaires, œuvres d’arts) réparties sur quatre étages. Comme tous les musées d’état il est particulièrement peu fréquenté en dehors de quelques hommes d’affaires en visite pour tuer le temps et des groupes scolaires.

Le musée le plus réputé d’Harrisburg est le National Civil War Museum, situé près de Market Street sur Lincoln Circle (entrée payante, ouvert tous les jours) un peu à l’écart de downtown. C’est l’un des meilleurs sites culturels du pays pour comprendre les raisons qui ont mené à la guerre civile américaine ainsi que les conséquences de celles-ci, particulièrement d’un point de vue humain car il faut savoir que la Civil War reste à ce jour l’évènement le plus sanglant de l’histoire de l’Amérique. Elle a fait plus de blessés et de morts américains (plus de 730.000) que tous les autres conflits combinés où l’Amérique s’est engagée. Le musée est très bien fait et passionnera les amateurs d’histoire mais il est également très accessible aux néophytes. A noter que même si le musée ne vous intéresse pas (admettons), vous pouvez vous y rendre pour aller au café terrasse qui offre les meilleures vues sur la ville.

En dehors des musées et des bâtiments de l’administration, Harrisburg mérite une petite balade le long de la rivière. Le Riverfront Park est un parc assez agréable, surtout en été. A noter que la rue la plus animée du centre-ville est Second Street, bien que « animation » soit un grand mot quand même et que l’ambiance devienne un peu bizarre passé une certaine heure.

Pratique

Pour ceux qui veulent (ou doivent) séjourner une nuit à Harrisburg je vous conseille le Best Western Premier the Central Hotel situé sur East Park Drive à la sortie 48 de la I-83 où se regroupent également d’autres hôtels de chaînes et motels. Il n’est donc pas situé dans le centre de Harrisburg et il faut une voiture pour s’y rendre (mais j’imagine qu’aucun visiteur n’est jamais venu à Harrisburg sans voiture). C’est un hôtel assez grand qui possède des chambres confortables et propres (même si la déco est très classique des hôtels de chaînes), une piscine, un bon restaurant et un bon service. Une bonne adresse donc.

West & South Philly • Philadelphie, Pennsylvanie

Philadelphie South & West

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En dehors de son centre, Philadelphie n’est pas une ville très touristique et la grande majorité de ses quartiers est plutôt peu fréquentable. Quoiqu’il en soit pour découvrir l’âme de la ville, il faut se rendre à South Philadelphia, un quartier populaire très réputé pour sa spécialité culinaire, le cheesesteak. Les quartiers ouest de la ville abritent quant à eux l’université de Pennsylvanie qui compte plusieurs musées intéressants.

West Philadelphia

Sur la rive ouest de la rivière Schuylkill s’étirent les immenses banlieues de West Philly. On y trouve l’University of Pennsylvania, membre de la prestigieuse Ivy-League, ce groupe des plus grandes universités (et des plus chères) du pays. C’est ici que Benjamin Franklin y établi la première fac de médecine du pays. Un succès puisque les études médicales aux Usa sont de nos jours les plus perfectionnées dans le monde. Le campus de l’université n’est pas très grand (une fois n’est pas coutume) mais sympathique à visiter. Rien à voir avec les quartiers environnant qui sont peu engageants. La visite de l’université est avant tout intéressante pour les musées qu’elle abrite. Outre un musée d’art contemporain, on y trouve également le Museum of Archeology and Anthropology (entrée payante, gratuit le dimanche). Vu l’éloignement de l’université et les nombreuses richesses offertes par Philly, peu de visiteurs s’y rendent mais il faut savoir que ce musée est considéré par le monde scientifique comme l’un des plus abouti du genre. On y découvre évidemment une multitude d’objets archéologiques ou d’anthropologie dont la pièce maîtresse est un Sphinx de l’Egypte antique.

South Philly

South Philadelphia, l’ensemble des quartiers composants le sud de la ville, est un secteur majoritairement pauvre et noir. South Philly accueil également une importante communauté d’origine italienne. Le principal intérêt du quartier réside dans ses restaurants. C’est en effet ici (et nulle part ailleurs selon les puristes) que l’on peut déguster le fameux cheesesteak de Philadelphie. Cette spécialité culinaire est l’une des vraies grandes spécialités américaines locales que vous ne trouverez pas dans des chaînes et que vous ne mangerez pas à l’étranger. Le cheesesteak c’est à Philadelphie (et à South Philly) et c’est tout ! Il faut le déguster pour le croire mais ce sandwich est effectivement délicieux. Popularisé par une pub pour des assurances, deux établissements légendaires, Pat’s et Geno’s, se font face et servent les meilleurs des meilleurs cheesesteak de South Philly. A noter que ni l’un ni l’autre ne sont réputés pour leur gentillesse à l’accueil ou pour la qualité du service (mais bon les sandwiches sont bons alors…). Il faut commander son cheesesteak Cheez Whiz (avec du fromage fondu). Le hoagies est également une spécialité de South Philly. C’est un sandwich froid cousin du cheesesteak (qui lui est chaud).

Dans le secteur ne manquez pas également, toujours plus ou moins sur le thème culinaire, l’Italian Market (le long de 9th Street au sud de Christian Street). C’est l’un des derniers vrais marchés de rues dans le pays (comme on l’entend en Europe) avec ses stands de bric et de brac, ses jeans pas chers et ses produits gastronomiques Made in Italy, notamment une très fameuse mozzarella.

South Street, l’ancienne limite sud de Philadelphie, est désormais la limite nord de South Philly (vous comprenez ?). C’est le principal centre de vie nocturne de la ville avec ses nombreux restaurants, ses cafés, ses bars, ses boutiques de livres ou de vêtements. C’est un lieu très fréquenté et très touristique, particulièrement les weekends.

Downtown, Philadelphie, Pennsylvanie

Downtown Philadelphie

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Downtown correspond, comme dans toutes les villes américaines, au quartier des affaires de la ville. Toutefois Philadelphie se distingue par l’animation de son centre et par son activité commerçante et pas uniquement professionnelle. On distingue plusieurs secteurs au sein de Downtown, à savoir Center City, le cœur de la ville, Rittenhouse Square, la partie branché du centre et Museum Row où se concentrent… les musées.

Center City

Center City est le cœur commercial et commerçant de Philadelphie, s’étirant de la 8th Street West jusqu’à la rivière Schuylkill à l’ouest. Le quartier est le coin le plus typiquement américain de la ville, avec ses avenues au carré et ses grands buildings. Center City est dominé par l’impressionnant gâteau Baroque du City Hall. Cette mairie assez unique est peuplée de sculptures étonnantes, dont des chats et des souris. Sur sa place centrale trône une immense colonne au sommet de laquelle on trouve une statue de William Penn (à tout seigneur…). Il faut monter près de 30 étages pour pouvoir se rendre jusqu’aux pieds de la statue du fondateur de l’état et apprécier un beau panorama sur la ville.

Non loin du City Hall, le grand magasin Macy’s mérite une visite car il prend place dans un superbe building historique, site de l’un des premiers grands magasins du pays.

Un peu au nord, au croisement de Broad et de Cherry Street, la Pennsylvania Academy of Fine Art (Musée des Beaux-Arts) (entrée payante, fermé le lundi) prend place dans une construction Victorienne très élaborée et expose près de 300 ans d’art Américain, dont des œuvres du célèbre Homer.

Le quartier de Center City est partout animé et commerçant (même si la nuit il vaut mieux éviter la partie est de Market Street) mais nulle part autant qu’à Chinatown. Le quartier chinois de Philadelphie n’a pas le même attrait ni les mêmes dimensions que son homologue new-yorkais mais il possède un atout de poids, son marché (qui n’a rien de chinois cela dit). Situé non loin de la grande arche de l’amitié qui marque l’entrée du quartier (au croisement de 10th et Arch Street), le Reading Terminal Market (sur 12th Street) est l’un des meilleurs marchés américain. Dans le même esprit que le Chelsea Market de NYC mais moins touristique et plus varié, le Reading prend place dans un recoin de l’ancienne gare de la ville. Toujours très animé, c’est un endroit parfait pour déjeuner. On y trouve de nombreux marchands Amish qui viennent des fermes du comté de Lancaster voisin pour vendre leurs produits aux habitants de Philly et aux visiteurs.

Rittenhouse Square

Le petit parc au centre de la place de Rittenhouse Square est le cœur du quartier le plus branché et sympathique de Downtown Philadelphie. Rittenhouse Square est l’une des places originelles de la ville. L’artère la plus animé est Walnut Street, qui borde le square. Vous verrez que dans ce quartier de la ville l’obsession tourne autour de toutes les formes de noix puisque chaque rue prend le nom d’une espèce de noix ou de noisette. C’est le lieu de shopping chic par excellence à Philly, sorte de 5e Avenue locale. En face de la rue Walnut, de l’autre côté de la place, se trouve un quartier résidentielle recherché, composé de brownstone richement décorées (maison en brique rouge typique de la région nord-est des USA). Les soirées d’été, le square est le site de concerts de jazz gratuit.

Si l’architecture des brownstone vous intéresse, et qu’en plus vous êtes un amateur de livres, vous adorerez la visite du Rosenbach Museum (sur Delancey Place, entrée payante, fermeture le lundi). Cette vieille demeure de 1860 en briques possède une collection de plus de 30.000 livres rares dont le manuscrit original de l’œuvre de James Joyce, Ulysse. L’histoire de cette promenade philosophique dans les rues de Dublin reste à ce jour l’une des plus grandes œuvres littéraire américaine quoiqu’il fût interdit pendant près de 10 ans après sa parution.

Trois blocs au nord-ouest de Rittenhouse Square, le Mütter Museum (S.22nd Street, dans le College of Physicians, entrée payante, ouvert tous les jours) remporte haut la main le titre du musée le plus bizarre de la ville. Comme pour beaucoup de site et de musées à travers le pays je suis à peu près persuadé que le pourcentage de touriste qui s’y rend est égal à zéro et il faut passer un bon bout de temps à Philly avant de se dire « tiens si j’allais au Mütter Museum ! ». Bon, une chose est sûre, ce musée n’est pas pour les âmes sensibles. C’est une collection de tout un tas de bizarreries du monde médical, à commencer par des représentations en cire de maladies et de tumeurs (sic !), de deux jumeaux siamois (décédés, re-sic !), de squelettes en tous genre et généralement de tout ce que peut être abimé par la maladie dans le corps humain, dans sa version particulièrement abimée justement (…). Nul doute que ce musée n’a pas vraiment d’équivalent. A vous de voir !

Museum Row

Littéralement « l’allée des musées », Museum Row est, vous l’aurez compris, le quartier des… musées de Philadelphie. Cela ne signifie pas que tous les musées de la ville s’y trouvent mais dans l’absolu on en trouve plus ici que sur Market Street (qui est donc fort logiquement la rue commerçante). La Benjamin Franklin Parkway (le terme parkway ne se traduit pas véritablement mais désigne une grande avenue), part en étoile depuis le City Hall vers le nord-ouest et se fait donc appeler Museum Row. On l’appelle également (enfin surtout l’office du tourisme et personne d’autre) les Champs-Elysées de l’Amérique, un surnom nettement moins convaincant. Museum Row mène en ligne droite au colossal Museum of Art situé dans Fairmount Park. Fairmount est à Philadelphie l’équivalent de Central à New-York en matière de Park. D’ailleurs il est l’œuvre du même architecte paysagiste, l’incontournable Frederick Law Olmsted. C’est une ancienne campagne annexée à la ville à la fin du 19 e siècle (à l’époque où, assez incroyablement, Fairmount Park était réellement un coin de campagne). Résultat, s’étirant sur les deux rives de la rivière Schuylkill, Fairmount est aujourd’hui l’un des plus grands parcs urbains aménagés dans le monde. Il comprend en outre sept anciens manoirs historiques qui ont été conservé. Les habitants du coin viennent y faire leur jogging ou du vélo et on y trouve même des sentiers de randonnées (oui, c’est vraiment grand). Sur W. Girard Avenue se trouve le Philadelphia Zoo (entrée payante), qui n’est pas forcément exceptionnel (comme une grande majorité de zoo) mais qui est historique puisque ce fût le premier du pays. Le parc de Fairmount est particulièrement célèbre dans le pays pour un événement devenu culte. A la fin des années 1960, deux habitants de Philly et deux des plus grands sportifs boxeurs américains, Mohammed Ali et Joe Frazier, ont un jour surpris la ville en annonçant qu’ils se rendaient au parc pour s’affronter. C’est peut-être ce qui a donné aux scénaristes du film Rocky l’idée de faire s’entrainer leur héro (interprété par Sylvester Stallone) sur les marches du Philadelphia Museum of Art voisin. Le musée des arts de Philadelphie, situé au niveau de la 26e rue (entrée payante mais sur donation « pay as you wish » le dimanche, fermé le lundi), est désormais très connu pour cette fameuse scène du 7e art. Si la pose photo s’impose (excusez le jeu de mots), il serait regrettable (hautement regrettable même) de s’en tenir aux escaliers de l’entrée car le musée possède l’une des plus belles collections du pays. C’est le musée majeur de Philly et l’un des plus importants de la côte Est. Outre les collections, le musée accueil également chaque soirées des mercredis et vendredis des concerts de jazz ou de musique classique.

Quelques blocs plus loin, toujours sur Museum Row, au carrefour de 22nd Street, le Rodin Museum (entrée payante mais sur donation libre) fera le bonheur des amateurs de sculptures puisqu’il est le deuxième plus grand musée dédié au célèbre sculpteur après celui de Paris. Rien de moins qu’une référence donc, d’autant que l’on y trouve des œuvres réputées de l’artiste comme Les Bourgeois de Calais ou surtout Le Penseur.

Les amateurs de vieux bouquins et de livres rares se feront plaisir à la Free Library of Philadelphia. L’entrée est gratuite et vous pourrez y voir de belles pièces d’écriture comme des tablettes datant de 3000 ans avant JC ! Egalement visibles, des manuscrits du Moyen-Age, des originaux d’Edgar Alan Poe et des titres anciens plutôt étonnant comme ce livre de 1807 intitulé « Questionnement sur la conduite de la Princesse de Galles ». Comme quoi les sujets people ne datent pas d’hier !

Un peu plus loin sur l’avenue, vers la 20e rue nord se trouve le secteur réservé aux musées dédiés aux sciences. On y trouve notamment le grand Franklyn Institute Science Museum (entrée payante) qui comprend un planétarium (ce qui est, il faut l’avouer, généralement le clou de la visite d’un musée des sciences). Tout proche, l’Academy of Natural Sciences (entrée payante) est un musée de sciences naturelles classiques où l’on peut voir les incontournables du genre à savoir des dinosaures et des pierres précieuses. Egalement des momies au programme, pour la petite touche originale.

Pas vraiment sur Museum Row mais pas très loin non plus, l’Eastern State Penitentiary est assez méconnu et peu visité mais c’est pourtant l’un des grands sites historiques de la ville. Cette ancienne prison, fermée en 1970, à l’architecture gothique est l’incarnation des idées de William Penn et des Quakers dans le domaine pénitentiaire. Concrètement lorsqu’elle a ouvert ses portes en 1829, la prison de l’est était une petite révolution en la matière puisque la politique était de réhabiliter les prisonniers via l’isolement. Vous allez me dire que c’est tout le principe d’une prison mais il faut savoir qu’auparavant aux Usa les prisons était dédiée à la punition physique et aux peines capitales. A l’époque la prison a fait grand bruit, à tel point que le célèbre Charles Dickens, lors de sa première visite aux Usa en 1842, a voulu voir les Chutes du Niagara et la prison de l’est. Pour ceux que cela intéresse le mieux est de prendre part à une visite guidée (payante) pour découvrir la prison de l’intérieur, sa vieille synagogue et la cellule de son plus célèbre prisonnier, Al Capone.

Old City, Philadelphie, Pennsylvanie

Philadelphie Old City

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Le quartier appelé Old City se trouve immédiatement au nord de l’Independence National Historic Park. Il s’agit des plus anciennes rues de la ville de l’amour fraternel, au-dessus de Market street, le long de la rivière Delaware. Tout comme les monuments de l’INHP, les rues et les bâtiments de la vieille ville ont été fréquenté par des grands noms de l’histoire américaine, George Washington ou Benjamin Franklin en tête. C’est l’un des quartiers les plus historiques qu’il est possible de voir dans une grande ville américaine. Dans le pays des gratte-ciels, ce quartier aux faux airs d’Angleterre est forcément étonnant et mérite assurément une visite approfondie. Le quartier s’est récemment transformé avec l’ouverture de nombreux cafés et petits magasins, ce qui le rend d’autant plus sympathique. C’est également un quartier culturel, avec un festival de théâtre expérimental bien connu (le Fringe, on aime ou pas) chaque septembre et plusieurs galeries d’art notamment sur 2nd et 3rd streets.

Comme pour tout ce qui est considéré comme une vieille ville à l’échelle humaine, celle-ci s’organise autour de la plus ancienne obsession des hommes : la religion. La Christ Church est donc le cœur d’Old City. Elle se trouve juste au nord de Market street, sur la 2nd rue. Construite en 1727 elle fut fréquentée par plus ou moins tous les grands noms de l’indépendance et de la Constitution américaine. Le gratin historique des Usa dont on retrouve bon nombre de tombes dans le cimetière de l’église, situé un peu plus loin sur la 5e rue et Arch street. Parmi celle-ci se trouve notamment la tombe, vous l’aurez deviné (si vous avez lu l’ensemble des articles sur Philly), de Benjamin Franklin.

Au détour d’une maison sur Arch Street on tombe sur la Betsy Ross House. C’est un lieu que j’aime beaucoup car il soulève des histoires très intéressantes. Betsy Ross est une femme relativement méconnu en dehors des Etats-Unis mais très célèbre dans son pays car elle est crédité de la création de la bannière étoilée, le drapeau américain. En réalité il s’agit là d’une histoire plutôt floue, à tout point de vue. En effet personne n’est véritablement sûr que ce soit vrai. Ce n’est qu’en 1876, lors du centenaire de l’indépendance, qu’un homme se présentant comme le petit-fils de Betsy Ross aurait revendiqué la création du drapeau par sa grand-mère couturière. Véridique ou pas, les américains et la ville de Philadelphie ont décidé de fermer les yeux sur ce détail et d’honorer comme il se doit la patriotique Betsy Ross. Après tout, il faut bien que quelqu’un ai inventé le drapeau ! Ce dont on est sûr en revanche c’est que Betsy vivait bel et bien au 239 Arch Street. Toutefois, si la Betsy Ross House d’aujourd’hui se trouve bien à la bonne adresse, ce n’était pas la maison où vécu Mrs Ross. En effet au fil du temps la rue fut largement réaménagée et la numérotation modifiée. Le 239 Arch Street d’aujourd’hui ne correspond donc plus au 239 Arch Street du temps de Ross. La maison-musée que l’on peut visiter n’est donc pas la vrai maison de Betsy Ross, qui n’est elle-même peut-être pas la créatrice du drapeau. Peu importe, cela vous permettra d’apprécier cette histoire revu et corrigée, ainsi (et surtout) que de parcourir les rayons du magasin de souvenirs qui compte tous les objets possibles et imaginables pouvant être décoré du drapeau US (c’est-à-dire à peu près tout). Un petit jardin devant la maison permet également de faire une pause au cœur de la vieille ville.

Old City est un quartier photogénique, mais sa partie la plus photographiée est aussi la moins visible. Il s’agit de la toute petite Elfreth’s Alley, une rue pavée située en retrait de 2nd street entre Arch et Race streets. Il s’agit prétendument de la plus vieille rue des Etats-Unis. C’est en réalité peu vraisemblable, cela dit la rue est habitée depuis 1727 ce qui reste historique à l’échelle du pays. En tous cas c’est un recoin véritablement charmant d’Old City. La trentaine de petites maisons qui s’alignent dans cette rue semblent sorti d’un décor de conte.

Old City est un quartier vivant qui se découvre en extérieur, en se baladant, tandis que l’Independence National Park est un musée à ciel ouvert. Toutefois, Old City compte également deux musées qui méritent le détour si les sujets vous intéressent. Il s’agit du National Museum of American Jewish History (sur N. 5th street), qui est dédié à l’histoire de la population juive aux Usa et comprend notamment une synagogue, ainsi que de l’African American Museum in Philadelphia (croisement de 7th street et Arch street). Ce dernier est l’un des meilleurs (si ce n’est le meilleur) musée dédié à la communauté afro-américaine dans le pays. Il retrace l’histoire des immigrants noirs à Philadelphie. C’est un excellent musée qui comprend de nombreux objets ainsi que des films et des photographies.

Penn’s Landing

Immédiatement à l’est de Old City, sur les rives de la rivière Delaware, Penn’s Landing est une section à part de la vieille ville. C’est ici que William Penn, fondateur de Philadelphie et de la Pennsylvanie, arriva d’Angleterre et posa le pied dans la région pour la première fois en 1682. Moins de 100 ans plus tard sa cité de l’amour fraternel allait voir éclore un nouveau pays et un peuple indépendant dont bon nombre de valeurs seront en partie basées sur les siennes. Cela dit, si Penn voyait l’endroit il serait surement très sceptique sur le côté bucolique de sa Pennsylvanie (qui signifie « les forêts de Penn »). En effet on y trouve désormais le port de la ville, immense et très industrialisé.

Le long de la partie sud du port, entre la rivière et l’autoroute I-95, les vieux docks ont été rénové dans le cadre du redéveloppement de Penn’s Landing. Cela inclus notamment l’Independence Seaport Museum (ouvert tous les jours et gratuit le dimanche) ainsi que plusieurs bateaux historiques dont le USS Olympia, un sous-marin de la seconde guerre mondiale, le Becuna (les deux se visitent tous les jours, entrée payante) ainsi que le vieux trois mats Gazela, construit en 1883 (ouvert à la visite un peu au petit bonheur la chance, mais cadre d’un événement bien connu à Philly, le « Haunted Ship », littéralement le bateau hanté, qui se déroule à chaque période d’Halloween).

Tout au long de la rivière on trouve une promenade bordée de petits stand-snacks et de fontaines. Aux beaux jours l’endroit s’anime de concerts en extérieur et de divers festivals.

Depuis Penn’s Landing il est possible d’emprunter un ferry (payant) de la compagnie Riverlink Ferry pour traverser la rivière Delaware (qui sépare comme son nom l’indique si mal la Pennsylvanie du New Jersey) jusqu’à la ville de Camden. Autant vous le dire de suite, Camden est un véritable cas aux Usa. Et dans le mauvais sens du terme ! Cette ville délabrée, très pauvre et particulièrement violente est l’exemple même du revers du rêve américain. Il n’est pas improbable que durant votre séjour aux Etats-Unis vous entendiez parler de Camden car elle fait les choux gras des émissions de télévision consacrées à la police et aux crimes (qui sont particulièrement nombreuses et populaires dans le pays). Régulièrement citée comme l’une des villes les plus dangereuses du pays, il n’est absolument pas conseillé de se balader le nez au vent à Camden. Cependant on y trouve tout de même le New Jersey State Aquarium (ouvert tous les jours, entrée payante). L’aquarium est intéressant pour qui adore les poissons ou pour les enfants mais pour le public lambda c’est un peu à l’image du reste de Camden, pas génial (pour rester poli).

Society Hill

Society Hill désigne une zone résidentielle assez chic située entre les rues Walnut et Lombard, le long de la rivière Delaware juste au sud du quartier historique. Si le quartier est effectivement aujourd’hui le lieu de résidence de la bonne société de Philly, Society Hill doit son nom à ses premiers habitants, les membres de la Free Society of Traders (la société libre des marchands). Ces derniers cohabitaient avec les membres de la Société des Amis (les Quakers) mais les uns et les autres n’avaient absolument pas la même vision des choses. Inutile de préciser que du côté des marchands, l’idée de l’amour fraternel prenait une ampleur beaucoup plus festive que dans l’idéologie très philosophique des Quakers. La fête a été de courte durée et Society Hill est tombé dans un long déclin. Inutile aujourd’hui de chercher une colline dans le quartier car celle-ci fût aplatie dans les années 1970 pour faire place à la construction de deux buildings par l’architecte I.M Pei, les Society Hill Towers. Toutefois le reste du quartier fût restauré pour devenir désormais l’un des plus attrayants de la ville et l’un des plus pittoresques avec ses rues pavées, ses éclairages au gaz et ses superbes maisons Coloniales, Fédérales ou Géorgiennes. Avec une population aisée, le quartier est particulièrement soigné et sa richesse historique est mise en valeur. Malheureusement peu de bâtiments sont ouvert au public, exception faite de la Physick House (sur S. 4th Street, entrée payante, fermeture dimanche et lundi), ancienne propriété du docteur Philip Syng Physick, surnommé le père de la chirurgie américaine.

Independence National Historic Park • Philadelphie, Pennsylvanie

Parc de l'Independance, Philadelphie

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Toute visite de Philly se doit de commencer par l’Independence National Historic Park ou INHP (son petit surnom nul mais que je vais employer à tort et à travers dans les prochaines lignes). C’est indubitablement le recoin le plus historique de l’Amérique et l’attraction principale de la ville. En réalité ce Park n’est pas un coin de nature mais plutôt un genre de quartier-musée qui comprend les premiers bâtiments officiels des États-Unis lorsque ceux-ci ont pris leur indépendance, d’où le nom… Dans l’absolu tout ceci n’est pas très grand et couvre environ quatre blocs contenus entre Walnut street et Arch street, à quelques pas de la Delaware River. Cependant, la visite de l’INHP prend du temps et particulièrement pour les amateurs d’histoire. Comme les américains possèdent des talents incommensurables en marketing, vous vous découvrirez très rapidement une véritable passion pour la moindre relique sans importance. Surtout, ne sous-estimez pas l’intérêt que suscite l’INHP. Comptez donc au moins une demi-journée de visite au pas de course, beaucoup plus en visitant tous les monuments et en déchiffrant chaque petite ou grande histoire (et il y en a un bon paquet).

Pour l’aspect pratique notons de plus que tous les monuments et musées de l’INHP sont ouverts tous les jours de l’année (généralement de 9h à 17h) et que tout est gratuit. Évidement il y a toujours du monde (et le plus souvent une foule digne du métro à l’heure de pointe). Pas d’autres choix que de prendre son mal en patience. Bien entendu toute une panoplie de tours guidés est proposée par l’office du tourisme. Ce dernier, l’Independence Visitor Center, est par ailleurs une étape logique avant toute visite du parc.

D’un point de vue esthétique l’INHP se caractérise dès le premier coup d’œil par une unité architecturale très marquée notamment par le concept de symétrie et par la brique rouge. Ce sont les bases des styles Georgien et Fédéraliste (instant culture générale plutôt facile à replacer en société). La base de ces bases, si l’on peut dire, c’est l’Independence Hall, qui est l’édifice le plus important du site. C’est le monument où il faut se rendre le plus tôt possible dans la journée avant qu’il ne soit assaillit par les visiteurs et les groupes (c’est en quelques sortes l’équivalent américain de la sortie scolaire au Château de Versailles). Pour y accéder en haute saison vous aurez besoin d’un ticket gratuit qui est remis par l’office du tourisme.

Construit en 1732, ce qui est aujourd’hui le Hall de l’Indépendance était à l’origine la Pennsylvania State House. Il ne faut pas être immensément calé en histoire pour deviner l’évènement qui s’y est produit. Après avoir été soigneusement préparée puis signée, et après que la Cloche de la Liberté (Liberty Bell) fut sonnée, c’est ici que la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique fut proclamée à son peuple le 8 juillet 1776. Pour les observateurs c’est effectivement 4 jours après la proclamation de l’indépendance du pays en elle-même, mais il s’agit là de la première lecture publique de la déclaration. L’Independence Hall est un petit bâtiment dans lequel il est possible de voir plusieurs reliques majeures de cet évènement majeur lui aussi, notamment la chaise ornée d’un demi-soleil de George Washington, premier président du pays, dans la salle où la déclaration a été rédigée. Pour être honnête tout ceci n’est pas particulièrement impressionnant en tant que tel (c’est un site assez modeste) mais il faut bien saisir que dans cette petite pièce s’est joué une scène capitale de l’histoire des Hommes. En se proclamant indépendant, Jefferson et consorts, ont scellé et transformé le cours de toute l’histoire du monde tel que nous le connaissons.

Pour en savoir plus sur la Constitution, le papier le plus important de l’Amérique, directement issue de l’indépendance, il faut visiter le National Constitution Center (sur Arch Street, au nord de l’INHP). C’est un musée moderne qui couvre toute l’histoire et les subtilités de ce document qui régit à peu près l’intégralité du quotidien des Etats-Unis.

En visitant l’INHP et d’une façon générale Philadelphie vous entendrez beaucoup parler de Liberty Bell. La Cloche de la Liberté est aux yeux des américains le symbole de leur histoire et de leur liberté justement, bien plus que la Statue du même nom qui en est l’emblème pour le reste du monde. Cette fameuse cloche est une vraie cloche avec une grande fêlure, à côté de laquelle il convient de se faire photographier fièrement. La cloche était celle de l’Independence Hall depuis 1753, sonnant à chaque annonce importante, notamment pour signifier les victoires ou les défaites lors de la guerre. La façon dont Liberty Bell fut fêlée est soumise à diverses hypothèses. Personne n’en est absolument sûr mais il semble que cela ait eu lieu en 1835 lors des funérailles de John Curtis Marshall, le juge principal de la cours suprême. Si l’origine de la fameuse fêlure est assez floue, on sait en revanche avec certitude que la cloche a été sonnée publiquement pour la dernière fois en 1846 à l’occasion de l’anniversaire de Georges Washington. A cette époque la cloche n’est finalement… qu’une cloche. Ce n’est que plus tard au 19e siècle qu’elle devient un symbole pour les abolitionnistes du nord-est notamment pour son inscription prônant la liberté « à travers tous les territoires, pour tous les habitants » (« throughout all the land unto all the inhabitants »). Ils la nomment Liberty Bell à cette occasion. Après la Guerre Civile, bien qu’elle n’ait jamais sonné, la cloche fut utilisée comme un symbole de réconciliation et on lui fit faire un immense voyage en train à travers tout le pays, comme une rock star. Une opération à l’impact retentissant qui a véritablement assis la notoriété de notre petite cloche (pas si petite en fait). De retour dans sa ville natale de Philadelphie, Liberty Bell fut dès lors exposée comme une icône. Elle se trouve aujourd’hui dans un bâtiment du INHP qui lui est entièrement dédié, sécurisé comme une centrale nucléaire, le Liberty Bell Center. Après avoir passé la sécurité on y traverse d’abord une exposition retraçant l’histoire et les péripéties (la fêlure et son voyage en train) de la cloche avant de pouvoir approcher Liberty Bell.

A côté de Independence Hall, au niveau de la 6e rue et de la rue Chestnut se trouve Congress Hall. Le hall du congrès, construit en 1787 à l’origine en tant que Philadelphia County Courthouse (le tribunal local), fut le lieu où les membres du nouveau Congrès des États-Unis ont commencé à siéger et où une bonne partie du système politique américain fut mis en place.

Cela dit avant qu’il n’y ait un congrès officiel, les futurs américains possédaient déjà une forme de gouvernement organisé. Ainsi dès 1774 les membres du First Continental Congress, le prédécesseur du congrès d’aujourd’hui, avaient choisi de se réunir au Carpenter’s Hall, situé sur Chestnut street, qui constitue donc l’ancêtre de la politique américaine. Ce petit bâtiment sans prétentions avait justement été choisi pour cette particularité en lieu et place de la State House beaucoup plus fastueuse. Tout ceci dans le but évidemment de montrer à la couronne britannique que le peuple américain prenait le pouvoir. Le Carpenter’s Hall se visite et accueil un petit musée.

Non loin, toujours sur Chestnut Street mais au niveau de la 3e rue, la First Bank of the United States fut établi en 1797 afin de réguler et de contrôler la nouvelle monnaie du pays. Pour appeler un chat un chat c’est ici que le dollar est né. Le célèbre billet vert américain nous apparaît aujourd’hui comme l’un des piliers des Usa, mais il faut savoir qu’à l’époque de la création de la First Bank le pays possédait de nombreuses monnaies. Par exemple, l’état de Rhode Island, le plus petit état de l’union, devait jongler avec pas moins de 3 devises différentes à cette période. Les nouveaux états (ou anciennes colonies) malgré l’union au sein d’un même pays se considéraient toujours comme des territoires très indépendants d’où la présence de ces diverses monnaies. Un esprit d’indépendance qui n’a d’ailleurs pas beaucoup changé aujourd’hui, sauf pour la monnaie…

Il s’agit là des principaux monuments du parc mais d’autres bâtiments en font partis, quoiqu’ils soient plutôt situés dans Old City (même si la frontière est floue, le parc n’étant finalement que l’ancienne partie administrative de la vieille ville de Philadelphie). Parmi ceux-ci la plupart sont en rapport avec la figure historique la plus célèbre du coin, Benjamin Franklin. Ainsi Franklin Court (sur Market Street) est un hommage à ce grand homme multi-facettes. Il s’agit de l’emplacement exact de la maison de Franklin, qui n’existe plus mais qui est matérialisée par une décoration. Un musée se trouve sur le site, dédié à qui vous savez. De quoi en apprendre plus sur Ben, l’une des personnalités les plus marquantes des Usa, mais dont la plupart des visiteurs étrangers ne connaissent bien souvent que le nom sans trop savoir pourquoi.

Philadelphie, Pennsylvanie

Philadelphie

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Population : 1.553.165 (agglomération : 5.441.567)

La première capitale de la nation américaine fût fondée en 1682 par William Penn Junior (dont je vous invite à lire l’histoire dans l’introduction consacrée à l’état de Pennsylvanie). Véritable utopie, la ville de Philadelphie constitue à bien des égards la base de la société urbaine américaine. Cela se retrouve dans son plan en damier, un modèle qui servira par la suite pour toutes les villes du pays. L’idée fondatrice de Philly (le petit surnom de la métropole) fut de faire une ville à la campagne. Bien que la cité soit désormais une grande ville, économiquement et culturellement très animée, il est vrai que la ville garde un côté aéré assez marqué. A quelques blocs des grattes ciels de Downtown se trouvent les ruelles calmes, presque provinciales, de la vieille ville et l’immense parc de Fairmont Park qui permet d’oublier l’agitation des avenues du centre.

Ce sont les Quakers (pratiquant d’une religion issue d’une scission de l’église Anglicane) qui ont fondé la ville, sous l’égide de William Penn. Très rapidement la ville a prospéré grâce au commerce et aux échanges et dès la moitié du 18e siècle elle était devenue la deuxième ville de l’Empire Britannique. Evidemment la domination britannique ne devait pas durer et avec la puissance économique les idées révolutionnaires (et indépendantistes) n’ont pas tardé à prendre de l’ampleur. Pendant le Guerre d’Indépendance la ville fut choisie pour être la capitale du pays en devenir, puis du pays tout court dès 1800 (tandis que Washington DC était en construction, car Philly bien que légitimement la ville la plus importante des Usa n’avait pas pour vocation à rester la capitale). C’est ici que la Déclaration d’Indépendance fut écrite, signée puis déclamée au peuple américain le 4 juillet 1776 (fête nationale américaine). Dix ans plus tard la Constitution américaine fut également écrite et votée dans un bâtiment de Philadelphie. Pour couronner son palmarès historique incontournable, la ville a aussi été un haut lieu des arts, des sciences et de la politique américaine avec la présence de personnalités marquantes dont le plus célébré ici est certainement Benjamin Franklin.

Le nom de Philadelphie se traduit littéralement du grec par « la ville de l’amour fraternel ». Tout un programme qui met en évidence la vocation de terre des libertés (surtout religieuses) voulu par son fondateur William Penn. La ville est toujours restée l’une des plus métissées du pays avec de larges communautés d’Irlandais, d’Italiens, d’Asiatiques et bien sûr une grande population Afro-Américaine. La plupart des habitants Afro-Américains de la cité sont les descendants des immigrants (dont de très nombreux esclaves) venus du sud du pays après (ou pendant) la Guerre Civile lorsque Philadelphie (comme d’autres villes du nord telles que Chicago ou Detroit) était perçu comme un havre de tolérance. Une idée reçue qui ne s’est pas forcément révélée tout à fait exacte mais néanmoins la ville fut la première du pays à élire un maire noir et on y trouve ce qui est probablement le plus grand musée consacré à la culture et à l’histoire de la population noire aux USA. Dans un autre registre et pour revenir sur l’idée de tolérance religieuse totale à Philadelphie, la ville abrite toujours une vaste communauté de Quakers dont elle est en quelque sorte la capitale. La Société des Amis (le nom de la religion des Quakers) s’y réunie toujours régulièrement. Je me fendrai peut-être un (beau) jour d’un article sur cette communauté très peu connue en Europe.

Pour toutes ses qualités historiques, culturelles, architecturales et humaines, Philadelphie n’en reste pas moins une ville qui a subi un lourd déclin et qui n’a pas toujours été le puits d’amour et d’amitié sans fond voulu par son visionnaire. Au cours des années 1980 la cité était même très peu fréquentable, réputée dangereuse et socialement très tendue. L’un des évènements les plus marquants reste les combats en 1985 entre le groupe séparatiste noir Move et les forces de police lourdement armée. Ceux-ci ont notamment conduit à la mort de nombreux civils lors de l’explosion d’une bombe lâchée sur un quartier de la ville depuis un hélicoptère. Une catastrophe qui laissa également derrière elle de nombreux sans-abris. Des homeless toujours très visibles à Philadelphie.

Pour l’américain moyen des années 1960 les vacances à Philadelphie constituait toujours un double événement. Tout d’abord la découverte du berceau historique de la nation, mais aussi la traversée des ghettos entourant la ville, incontournable à cette époque pré-Interstate (les immenses autoroutes américaines qui débouchent au cœur des villes). Désormais il n’y a plus besoin de passer par les faubourgs misérables pour arriver au centre de Philly, mais ces derniers existent toujours et sont bien plus terribles qu’avant. Ainsi Camden, la ville qui fait face à Philadelphie, est-elle généralement considérée comme la cité la plus pauvre et dangereuse de l’Amérique. L’accès à son grand aquarium est sûr mais une balade dans ses rues est déconseillée.

Sous son vernis lustré, Philadelphie avait donc acquis le pseudo peu flatteur de Filthydelphia (un jeu de mot difficile à traduire mais qui signifie grosso modo Philadelphie la crasseuse). Toutefois, cela n’a plus lieu d’être. Philly a vécu une véritable résurrection, restaurant son patrimoine et développant encore son intérêt. C’est désormais une vrai métropole, entrainée par l’influence de New York City (la ville n’est qu’à 2h30 de route) et souvent perçue comme une excroissance de Big Apple (ce qu’elle n’est pas du tout mais il est vrai que l’on y retrouve une animation et une atmosphère assez similaire). Son attrait historique confère à Philly une place de choix naturelle dans le circuit touristique du nord-est des Usa. Cependant on y vient désormais également pour ses restaurants, son shopping et ses différents quartiers dont certains sont très identitaires, à l’image du quartier italien de South Philadelphia.

Philadelphie s’étend sur plusieurs kilomètres entre la rivière Delaware à l’est et la rivière Schuylkill à l’ouest (un nom assez imprononçable que les américains eux-mêmes sortent tous à une sauce différente ; concrètement cela ressemble à « school – kill »). La métropole est très vaste mais le secteur le plus intéressant se situe en plein centre. Le plan quadrillé de la cité et les quartiers compacts du centre font que le meilleur moyen d’explorer Philadelphie, une fois n’est pas coutume aux Usa, c’est de marcher. Pour ceux qui sont un peu fatigués la ville possède également un métro et un réseau de bus facile à utiliser.

 

Pratique

Il est très facile de se rendre à Philadelphie et d’y voyager. Voici quelques informations utiles.

Infos touristiques

L’office du tourisme de la ville, l’Independence Visitor Center, se concentre essentiellement, comme son nom l’indique, sur l’Independence Park. Toutefois il contient aussi beaucoup d’informations sur l’ensemble de la ville et sur la Pennsylvanie. Pour se repérer dans l’Independence Park (ou pour aller toilettes) c’est le premier stop utile.

Arrivée

On peut rejoindre Philly par toutes sortes de moyens de transports. L’aéroport international de la ville se trouve à 15 kilomètres au sud-ouest de la ville, proche de l’autoroute I-95. Un taxi pour le centre coûte environ 30$. La SEPTA (South East Pennsylvania Transit Authority) assure des liaisons en train depuis l’aéroport vers le centre toute les 30 minutes de 4h30 à 23h30. L’arrêt le plus central est Suburban Station (près du City Hall, en plein cœur de Downtown).

La station de train Amtrak (trains grandes lignes) n’est pas (comme on pourrait le penser en la voyant) au-dessus du Reading Terminal Market mais plus loin, sur l’autre rive de la Schuylkill River, dans le quartier de l’Université sur 30th Street. C’est une immense station et l’une des plus fréquentée du pays. Le train pour New York est plus rapide que le bus mais c’est aussi nettement plus cher. Si vous voyagez sur les lignes Amtrak vous pourrez emprunter les lignes de la SEPTA vers Downtown gratuitement en correspondance.

A noter que si vous êtes réellement enclin à prendre le train, la SEPTA est également connecté au réseau du NJ Transit (le réseau ferré local du New Jersey voisin). Comme les tarifs de ces deux systèmes sont bien inférieurs à ceux d’Amtrak, il est possible d’aller en train (avec changement) vers New York ou vers la côte du New Jersey pour le prix d’un train de banlieue.

Depuis New York (ça marche également pour Boston et Washington) le bus est clairement le meilleur moyen de transport pour rallier la ville. Il existe de nombreuses compagnies qui effectuent les trajets entre NYC et Philly à intervalles très réguliers. On peut notamment citer Megabus qui propose des bus fiables, confortables et équipés (wifi, toilettes). Les départs de NYC se font depuis le Jarvis Center (le centre des congrès) sur le trottoir. A l’arrivée à Philly vous pourrez descendre près du Visitor Center. Il est également possible de prendre le retour vers NYC depuis un arrêt situé sur Market Street. Cet arrêt n’est pas très bien indiqué et il est peu fréquenté mais ne vous inquiétez pas les bus s’y arrêtent bel et bien. Le meilleur dans le voyage en bus c’est bien évidemment le prix. Un NYC – Philly coûte généralement moins de 10$ par personne (même s’il est réservé la veille) !

Pennsylvanie

Pennsylvanie

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Population : 12.773.801 (6e) ; Capitale : Harrisburg ; Surnom : The Keystone State ; Superficie : 119.283 km² (33e)

L’état de Pennsylvanie est spécial. Si spécial d’ailleurs qu’il n’est pas un état, mais un Commonwealth (pour des raisons pratiques, je l’appellerai quand même « état »). Situé au sud de New York City, c’est un grand état d’une importance historique capitale pour les États-Unis. Excepté pour une petite ouverture sur le lac Érié peu significative, la Pennsylvanie est l’unique état sans accès maritime dans la région du Nord-Est. Les premiers Européens à explorer la région furent les Hollandais qui posèrent leurs pieds marins dans le coin au début du 17e siècle. Toutefois, ils n’y sont pas restés, beaucoup plus intéressés qu’ils étaient par la petite île d’une tribu indienne, les Manhattan. Assez étonnamment ce sont les Suédois (et oui) qui ont investi ce qui est aujourd’hui la Pennsylvanie en 1640. On le sait, les Suédois n’ont pas été très enthousiastes dans leur exploration de l’Amérique. D’ailleurs, je dis « on le sait », mais en réalité personne ne sait que les Suédois sont un jour venu en Amérique (je ne le savais pas non plus avant l’écriture de cet article). Quoi qu’il en soit les Suédois ne sont pas restés non plus et en 1664 ce sont les Anglais qui débarquent et prennent possession des environs.

Charles II, le roi anglais de l’époque, ayant une dette envers le patriarche de la famille Penn, se débarrasse de son représentant le plus gênant, son fils William Penn, en lui donnant cette terre dans la colonie en 1682. Willy est plus que ravi, car il était un fervent défenseur de la liberté religieuse. Il peut donc immédiatement mettre en œuvre sa vision d’un état libre, une véritable expérience d’amour fraternel où chacun serait affranchi. C’est évidemment une idée qui n’enthousiasme pas du tout les Anglais (mais alors pas du tout), qui se trouvent donc également enchantés de voir ce personnage loin de la mère patrie. Alors vous pensez certainement que j’exagère un peu sur les motivations de Penn Junior qui peuvent paraître extravagantes. Et bien pas du tout ! Vous allez d’ailleurs voir que cette idée de liberté (notamment de culte) va devenir l’un des fondamentaux de ce que l’on appelle aujourd’hui l’Amérique.

William Penn nomme sa nouvelle terre en l’honneur de son père et comme il n’y avait à l’époque principalement que d’immenses forêts dans la région, il penche pour le nom de Pennsylvania. Soit littéralement les forêts de Penn. C’est simple l’histoire finalement. Pour inciter à l’amour fraternel qui lui est cher, Penn signe un traité de cohabitation pacifique avec les Amérindiens. Ce monde de libertés et de paix, loin des oppressions de l’Europe, attire rapidement de nombreux adeptes, principalement des réfugiés religieux. Les quakers (membre d’une religion, un brin sectaire, issue de l’Église Anglicane et nommée Société des Amis, dont est issu Penn lui-même), les mennonites allemands et suisses puis, plus tard, les catholiques irlandais lors de la crise de la patate et la grande famine qui s’en suivit.

Voilà pour les bases de l’histoire de la Pennsylvanie. La principale ville de l’état sera Philadelphie (qui en grec signifie « amour fraternel » tout simplement). Les mennonites seront les célèbres amish. D’une façon générale la Pennsylvanie deviendra effectivement l’état de la liberté, site de la première capitale des États-Unis libres, abritant le plus grand symbole de la liberté dans le pays, non pas la Statue de la Liberté, mais la Cloche de la Liberté (Liberty Bell). Qu’on se le dise, la Pennsylvanie est la pierre angulaire de l’histoire de l’Amérique et la soif de liberté des Usa, son rôle de défenseur des opprimés, lui vient des idées de William Penn.

On comprend mieux dès lors pourquoi l’état est surnommé le Keystone State (l’état clé). Ce rôle de base idéologique est couplé à un rôle crucial de moteur dans le développement des États-Unis. Les politiciens et les savants ont été rapidement attirés par Philadelphie, ville de la Déclaration d’indépendance et de la Constitution américaine, et y ont largement développé les idées qui ont mené à la Révolution. Plus tard dans l’histoire du pays, la bataille de Gettysburg fut le grand tournant de la Guerre civile. Tous les Américains apprennent ce chapitre de l’histoire de leur pays, symbolisé par la Gettysburg Address, le discours d’Abraham Lincoln ou il évoque pour la première fois l’idée d’un « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». En terme économique, la Pennsylvanie fut une machine économique vitale pour le pays. Pittsburgh était au cours du 19e siècle le plus grand centre de production d’acier dans le monde. C’est toujours aujourd’hui un haut lieu de l’industrie aux Usa.

La Pennsylvanie est dominée par deux grands centres urbains, Pittsburgh et Philadelphie, chacun situé à une extrémité de l’état. Les deux villes sont animées et constituent deux étapes très touristiques (avec bien entendu un avantage pour Philadelphie). Entre les deux cités, l’état est principalement agricole, mais sur des centaines de kilomètres la géographie y est assez variée. De nombreux parcs naturels permettent de découvrir cet état très naturel. On y trouve des paysages de campagnes bucoliques à l’Est, d’immenses forêts sauvages à l’Ouest et les vallées non moins sauvages des montagnes Poconos au Nord-Est.

 

Les régions de l’état

L’état de Pennsylvanie est l’un des plus touristiques du pays. Sa destination principale est la ville historique et fascinante de Philadelphie, mais loin des lumières de la métropole l’état révèle de multiples visages. Depuis longtemps, les Américains considèrent la Pennsylvanie comme une destination phare dans leur pays et la fréquentation touristique y est donc très importante dans les principaux sites.

Philadelphie et sa région : Philadelphie n’est pas la capitale de la Pennsylvanie (ça serait trop facile), mais c’est incontestablement sa ville la plus importante et la plus passionnante. Grande ville chargée d’histoire, Philly (son petit surnom) est également une cité très vivante, régulièrement considérée comme le 6e borough de New York City pour sa vitalité culturelle et son animation. On vient également de loin pour y déguster une spécialité locale très réputée aux Usa, le cheesesteak (un délice). Dans le pays des chaînes et de la standardisation, vous ne trouverez jamais des cheesesteak aussi bons que dans leur ville natale.

Pittsburgh et sa région : Le « H » à la fin de son nom trahit sa valeur historique. Pittsburgh est une vieille ville, autrefois ravagée par l’industrie (dont elle fut l’un des moteurs au niveau mondial), la cité est désormais méconnaissable. Ville multiculturelle, vivante, commerçante et fière, Pittsburgh mérite les heures de route qu’il faut faire pour s’y rendre depuis Philadelphie. Autour de Pittsburgh, les paysages sont très vallonnés et la nature est sauvage.

Le centre de l’état : La Pennsylvanie centrale, traversée du nord au sud par l’imposante rivière Susquehanna, ne possède pas véritablement de grand centre urbain, mais c’est une région très touristique. La capitale de l’état, Harrisburg, est toutefois une excellente base pour découvrir cette région très fréquentée. On y découvre l’empire du chocolat de Hershey, le site historique de Gettysburg au Sud et bien sûr, l’une des régions les plus connues du pays, le Lancaster County, le pays des amish. Au Nord, près de l’état de New York, le paysage est brut notamment autour de Williamsport et du Grand Canyon de Pennsylvanie.

L’Ouest de l’état : L’ouest de la Pennsylvanie est depuis le début de l’histoire occidentale des Usa un point de passage quasi obligé vers les régions de l’Ouest. Cette zone de première importance en termes de commerce fut au centre d’une guerre entre les Anglais et les Français au milieu du 18e siècle. Au 19e siècle, la région est devenue une puissance industrielle avec l’exploitation de ses ressources minières et la création du premier puits de pétrole du monde à Titusville en 1859. Le tourisme et l’activité se concentrent évidemment autour de la métropole de Pittsburgh, mais l’Ouest ne se limite pas à Steel City (la ville de l’acier, le surnom de Pittsburgh). On y trouve de nombreux espaces naturels intéressants comme le Ohiopyle State Park ou encore l’immense forêt très verdoyante et indomptée d’Allegheny. Au sud de Pittsburgh, les amateurs d’architecture se doivent de visiter Fallingwater, le chef d’œuvre du plus grand des architectes américains, Frank Lloyd Wright. Loin de Philadelphie, isolée au nord-ouest de l’état, la ville d’Érié est la seule cité maritime de ce vaste état. C’est déjà le pays des Grands Lacs (en l’occurrence le Lac Érié). Le parc d’état de Presque Isle (remarquez l’ancien nom français) possède un attrait qui surprend les visiteurs avec ses grandes plages de sable et son cadre naturel. Il faut dire que les Grands Lacs portent bien leur nom, car il s’agit de véritables mers intérieures.