Cape Cod National Seashore, Massachusetts

Cape Cod National Seashore Massachusetts

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Après l’afflux touristique des villes du sud du Cape, le Cape Cod National Seashore tombe à point nommé. Cet espace naturel protégé s’étend grosso modo sur toute la façade Atlantique du Cape Cod, entre Chatham au sud et Provincetown au nord. Le parc a été protégé par le président Kennedy lui-même afin de l’épargner d’un éventuel développement touristique trop ambitieux.

Le long de la côte, il est généralement possible de se garer sur le bord de la route (le parking est parfois payant et parfois réservé uniquement aux résidents) puis de traverser les dunes pour découvrir d’infinies étendues de sable battues par les vents du large. Les dunes étant très mobiles à cet endroit, elles sont étroitement surveillées et protégées par un programme de plantations qui permettent de les tenir en place. Ne cueillez aucune plante et n’écrasez rien, cela détruirait une partie de l’écosystème.

C’est sur ces immenses plages océanes que les premiers colons, les Pèlerins du Mayflower, ont débarqués en Amérique. Ils ont survécu quelque temps ici grâce à de l’eau trouvée à Pilgrim Spring et à des grains de maïs (une céréale alors inconnue en Europe) découvert dans une cachette amérindienne à Corn Hill Beach. Ils ont ensuite poursuivi leur route vers Plymouth où ils se sont installés définitivement.

Une route permet d’accéder aux superbes plages de Coast Guard Beach et de Nauset Light Beach où il est possible de se baigner. Une autre belle plage est celle de Head of the Meadow, dont le nom poétique signifie « le bout de la prairie ».

Plymouth, Massachusetts

Plymouth Massachusetts

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Population : 56.470

À quarante miles (60 km) au sud de Boston, après être sorti difficilement des banlieues de la ville, on arrive à Plymouth, une petite ville surnommée avec beaucoup de nostalgie « America’s Hometown » (le village de l’Amérique). Toutes les villes américaines aiment se donner des surnoms (si possible très pompeux et contenant le plus souvent les mots america, best et world). Pour une fois, ce n’est pas forcément usurpé. Plymouth est effectivement, en un sens, le lieu de naissance de l’Amérique telle que nous la connaissons aujourd’hui. La ville (qui n’est en définitive plus du tout un village) est toute entière vouée à la commémoration de l’arrivée en décembre 1620 des 102 premiers colons venus d’Europe, les fameux Pères Pèlerins.

La visite de Plymouth est donc totalement tournée vers les sites historiques en lien avec ces derniers. Comme lesdits sites qui existent toujours sont au mieux insignifiants, la quasi-totalité des attractions de Plymouth sont des reproductions parfois sans véritables fondements historiques. Il n’empêche, Plymouth est une destination majeure dans la région et une étape très agréable (même si vous allez voir que parfois il y a de quoi en rire).

Près de la mer, un temple très solennel d’inspiration grecque (sic) abrite un petit rocher qui serait à l’emplacement où les pèlerins auraient débarqué pour la première fois sur le sol américain. Soyons honnête, et vous le savez j’aime l’honnêteté autant que j’aime l’Amérique, tout ceci est d’un kitch absolu et flirte allégrement avec les frontières du risible. Le rocher en question est une petite pierre qui si elle n’était pas signalée vous servirait surement à monter dessus pour regarder le paysage. Sur la pierre a été gravée l’année 1620, inscription qui donne la sensation d’avoir été marquée quatre jours avant votre passage. Enfin, on sait que le site a été aménagé en 1741 et que les pèlerins ont passé environ deux mois à Cape Cod avant de venir à Plymouth (ce qui soulève effectivement la question suivante : pourquoi ne considère-t-on pas Cape Cod comme le véritable premier site des colons ? Mystères des USA !). Évidemment, vous comprendrez que le rocher des pèlerins a surtout une valeur symbolique. Aux USA, l’Histoire est souvent une affaire d’émotion et d’héroïsme plus que d’exactitude et nulle part vous ne vous en rendrez mieux compte que dans l’état du Massachusetts.

Deux autres sites racontent la vie des pèlerins et l’épisode historique de leur installation dans le Nouveau Monde. Pour information, aucun des deux sites ne prétend être ni authentique ni historiquement réaliste (eh bien, au moins vous êtes prévenu, de quoi on se plaint).

La réplique du célèbre navire des pèlerins, le Mayflower (la copie s’appelle le Mayflower 2), et la Plimoth Plantation (le nom originel de la ville était Plimoth) à quelques kilomètres au sud de la ville, sont animés par des acteurs en costumes. Chacun joue un rôle défini, un colon, un marin ou un Amérindien. En tant que visiteur vous êtes plus ou moins obligé de prétendre que vous êtes revenu au 17e siècle pour ne pas passer pour un Européen ronchon (car les Américains eux sont totalement dans le rôle). Pas besoin de beaucoup se forcer cela dit, car sous un verni un peu kitch (encore une fois), la plongée dans l’histoire (même trafiquée) est en réalité très bien rendue et le niveau de détails du navire et de la plantation est superbe. Les acteurs jouent le jeu à fond et les deux sites méritent largement la visite (de toute façon, il n’y a rien d’autre à faire à Plymouth !). À noter qu’à la Plantation, l’ensemble des constructions du village des pèlerins et du campement des Amérindiens ont été réalisés en utilisant des techniques traditionnelles, comme à l’époque. C’est à peu près le seul fait historique réaliste.